
La vente à terme d'un appartement est une vente classique dont le prix est payé en partie comptant, puis par mensualités sur une durée fixée dans l'acte, en moyenne 10 à 15 ans selon les notaires. Contrairement au viager, elle ne comporte aucun aléa : le prix total et la date de fin sont connus dès la signature. Si le vendeur décède avant le terme, ses héritiers perçoivent les mensualités restantes. Les mensualités ne sont pas imposées comme un revenu ; la plus-value éventuelle est due l'année de la vente. Règles vérifiées au 7 novembre 2026.
En bref
La Chambre des notaires de Paris décrit la vente à terme comme la vente d'un bien dont le vendeur perçoit une partie du prix comptant, puis le solde par mensualités. La somme payée à la signature est parfois appelée bouquet, comme en viager. L'acte fixe :
L'acheteur devient propriétaire à la signature de l'acte authentique. Cette vente ne doit pas être confondue avec la « vente à terme » de l'article 1601-2 du Code civil, qui vise un immeuble à construire : la propriété n'y est transférée qu'à l'achèvement de l'immeuble.
En viager, la rente est versée jusqu'au décès du vendeur : personne ne connaît le prix final. En vente à terme, la durée est bornée. Cette absence d'aléa produit plusieurs conséquences.
L'acheteur connaît dès la signature le montant et la durée de son engagement. Le vendeur sait ce que lui et sa famille recevront au total. S'il vit au-delà du terme, les paiements s'arrêtent : c'est la contrepartie de la certitude.
Si le vendeur décède avant le terme, l'acheteur continue de payer ses héritiers jusqu'à la dernière échéance. Le solde du prix est une créance qui fait partie de la succession. Les droits de succession s'appliquent selon les règles habituelles.
Si l'acheteur décède, le bien et le solde du prix passent à ses héritiers. Pour sécuriser ce cas, l'acte peut prévoir la caution d'un tiers, qui paiera à la place d'un acheteur défaillant. Une assurance décès souscrite par l'acheteur au profit du vendeur peut aussi être discutée avec le notaire.
La nullité d'une rente viagère lorsque le vendeur décède dans les 20 jours d'une maladie (article 1975 du Code civil) ne concerne pas la vente à terme. Inversement, on ne peut pas transformer un viager en vente à terme en fixant une durée maximale à la rente. Une telle rente perd son caractère viager et la vente encourt la nullité pour défaut d'aléa, rappelle le rapport du 119e Congrès des notaires (2023). Il faut choisir la bonne formule dès le départ.
Le viager échappe en principe à la rescision pour lésion : l'aléa empêche de dire, au jour de la vente, si le prix est trop faible. La vente à terme, elle, est un contrat dont le prix est certain. La règle générale s'applique donc : le vendeur lésé de plus des sept douzièmes dans le prix d'un immeuble peut demander la rescision, c'est-à-dire l'annulation, dans les deux ans de la vente. Une vente d'appartement à Paris à terme commence donc, comme toute vente, par une valeur vénale argumentée.
En vente occupée, les notaires indiquent que le vendeur supporte l'entretien et les menues réparations, et l'acheteur la taxe foncière, les charges de copropriété et les gros travaux. L'acte peut organiser une autre répartition. Si le droit d'occupation est viager, il s'éteint au décès du vendeur. La durée d'occupation redevient alors incertaine pour l'acheteur, mais le prix, lui, reste fixe.
Exemple purement arithmétique, sans intérêts ni indexation :
Comparaison avec un viager libre du même appartement, pour une vendeuse de 80 ans dont l'espérance de vie est de 11,5 ans (Insee, 2025). Avec le même bouquet de 180 000 €, la rente atteint environ 3 043 € par mois. Si elle décède au bout de six ans, elle aura perçu environ 399 130 € et ses héritiers rien de plus. Si elle vit quinze ans, elle aura perçu environ 727 830 €, contre 600 000 € en vente à terme. Le viager protège contre la longévité ; la vente à terme protège la transmission. Le détail du calcul viager figure dans notre guide du viager à Paris.
Les notaires rappellent que l'administration traite l'opération comme une vente classique avec un financement particulier. Les mensualités, fractions du prix, ne sont pas imposées comme un revenu. C'est la principale différence avec la rente viagère, imposée sur 30 % à 70 % de son montant selon l'âge, plus 18,6 % de prélèvements sociaux sur cette fraction depuis l'imposition des revenus de 2025. Si l'acte stipule des intérêts en plus du prix, leur traitement fiscal est à faire préciser par le notaire.
Pour la plus-value, le prix de cession est le montant cumulé de toutes les échéances prévues au contrat, intérêts exclus. Une clause d'indexation accordée en échange du paiement différé est traitée comme une charge qui augmente ce prix. L'impôt est établi en totalité l'année de la vente, quelles que soient les modalités de paiement. Le notaire le prélève sur le prix et le reverse au fisc : le montant payé comptant devrait donc au moins couvrir cet impôt.
La vente de la résidence principale est exonérée. Pour une résidence secondaire ou un bien locatif, le calcul suit le droit commun : abattements pour durée de détention, 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, détaillés dans notre article sur le calcul de la plus-value.
L'acheteur règle les frais d'acquisition sur le prix stipulé, au jour de la vente, comme pour un achat comptant.
La vente à terme intéresse le propriétaire qui veut compléter ses revenus sans déshériter ses enfants. Il reçoit un capital à la signature, puis des mensualités régulières, et sait que le solde reviendra à ses héritiers s'il décède avant le terme. Elle élargit aussi le cercle des acheteurs à ceux qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas, emprunter auprès d'une banque.
Ses limites : le vendeur porte le risque de crédit de l'acheteur pendant toute la durée ; les paiements s'arrêtent au terme, même s'il vit plus longtemps ; le prix est figé, même si le marché monte. Vendre à terme à l'un de ses enfants en se réservant l'usufruit fait jouer l'article 918 du Code civil, qui impute la valeur du bien sur la part disponible de la succession. Chaque situation familiale est différente : le notaire est l'interlocuteur pour comparer vente à terme, viager libre ou occupé et vente classique.
Vous envisagez de vendre votre appartement à terme ? Parlons-en en toute confidentialité : nous établissons d'abord la valeur vénale de votre bien, libre ou occupé.
AGUILA ne rédige pas l'acte, qui relève du notaire. Un associé d'AGUILA établit une estimation argumentée de l'appartement à partir des ventes comparables du quartier, ce qui sécurise le prix face au risque de lésion. Nous pouvons ensuite rechercher des acheteurs, présenter le schéma de paiement et coordonner le dossier avec votre notaire. Voir notre service de vente d'appartement à Paris.
C'est une vente dont le prix est payé en partie comptant, puis par mensualités sur une durée fixée dans l'acte notarié. L'acheteur devient propriétaire dès la signature. Le montant total et la date de fin sont connus à l'avance.
L'acheteur continue de payer les mensualités à ses héritiers jusqu'au terme prévu. Le solde du prix fait partie de la succession. C'est la principale différence avec le viager, où la rente s'arrête au décès du vendeur.
Non, elles ne sont pas imposées comme un revenu : ce sont des fractions du prix de vente. La plus-value éventuelle est calculée sur le prix total et due l'année de la vente, sauf exonération de la résidence principale.
Oui. Le vendeur peut se réserver un droit d'usage et d'habitation, pour une durée limitée ou jusqu'à son décès. Le prix tient compte de cette occupation et l'acte répartit les charges entre les parties.
Il peut faire jouer la clause résolutoire après une sommation restée sans effet, ou demander la résolution en justice. Il peut aussi faire saisir et vendre le bien : son hypothèque légale le fait passer avant les autres créanciers.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou notarial personnalisé. L'exemple chiffré est purement arithmétique et ne constitue ni une estimation ni une offre. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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