
En 2026, chaque enfant qui hérite d'un appartement bénéficie d'un abattement de 100 000 € ; au-delà, sa part est taxée selon un barème progressif de 5 % à 45 %. Un frère ou une sœur paie 35 % puis 45 % après 15 932 € d'abattement, un neveu ou une nièce 55 % après 7 967 €, un non-parent 60 %. Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés. Le bien est déclaré à sa valeur vénale au jour du décès, dans les 6 mois si le décès a eu lieu en France métropolitaine.
En bref
Les droits de succession sont l'impôt payé par chaque héritier sur ce qu'il reçoit. Le calcul se fait héritier par héritier :
Pour un enfant, un petit-enfant ou un parent du défunt, la part taxable après abattement supporte :
Ces seuils figurent à l'article 777 du code général des impôts. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) ne les a pas revalorisés ; elle a surtout modifié le pacte Dutreil applicable aux entreprises. Le barème retenu est celui en vigueur au jour du décès.
Un neveu qui hérite à la place de son père ou de sa mère, frère ou sœur du défunt, prédécédé ou ayant renoncé, peut, sous conditions, relever du régime des frères et sœurs : 15 932 € d'abattement partagés entre neveux, puis 35 % et 45 %.
Pour une part de 300 000 € dans un appartement, un neveu paie (300 000 − 7 967) × 55 % = 160 618 €, un frère non exonéré 125 388 €, un non-parent (300 000 − 1 594) × 60 % = 179 044 €.
Il est déclaré pour sa valeur vénale au jour du décès : le prix qu'on en obtiendrait ce jour-là, dans des conditions normales de vente. Ce n'est ni le prix d'achat, ni une valeur forfaitaire. Les héritiers la proposent sous leur responsabilité et l'administration peut la contester.
Une valeur trop basse expose à un redressement avec intérêts de retard ; trop haute, elle fait payer des droits inutiles. Elle servira aussi de prix d'acquisition si les héritiers revendent : voir notre article sur la vente d'un appartement hérité à Paris.
L'article 764 bis du code général des impôts réduit de 20 % la valeur de la résidence principale du défunt, à condition qu'au décès elle soit aussi la résidence principale :
Un enfant majeur autonome qui vivait avec son parent ne suffit pas, et l'abattement ne joue pas si le défunt vivait seul. Une hospitalisation ou un séjour temporaire en maison de retraite peut être toléré. Les parts de SCI sont exclues. Le conjoint étant exonéré, l'abattement profite surtout aux enfants qui reçoivent une part du logement où il reste : pour 1 000 000 €, on déclare 800 000 €. Voir aussi notre article sur le logement du conjoint survivant.
Hypothèse purement arithmétique : un parent veuf décède en 2026 et laisse à ses deux enfants un appartement parisien estimé 1 000 000 €. On suppose qu'il n'y a ni autre bien, ni mobilier, ni dette, ni donation antérieure, et que l'article 764 bis ne s'applique pas.
Avec une estimation à 900 000 €, chaque enfant paierait 68 194 € : 100 000 € d'écart d'estimation représentent 20 000 € de droits pour la fratrie. Une transmission anticipée permet de réutiliser l'abattement tous les 15 ans : voir notre article sur la donation d'un appartement aux enfants.
La déclaration (formulaire n° 2705-SD) est déposée au service de l'enregistrement du domicile du défunt, par les héritiers ou par le notaire. Le délai est de 6 mois après un décès en France métropolitaine, de 12 mois dans les autres cas, avec des règles propres à l'outre-mer. Elle n'est pas exigée en ligne directe ou pour le conjoint si l'actif brut est inférieur à 50 000 € sans donation antérieure non déclarée (3 000 € pour les autres héritiers) : un appartement parisien dépasse presque toujours ces seuils.
En cas de retard, un intérêt de 0,20 % par mois court à partir du 7e mois. La majoration de 10 % ne s'applique qu'au-delà du 6e mois suivant l'expiration du délai, soit après un an pour un décès en métropole. Après une mise en demeure restée sans effet 90 jours, elle passe à 40 %.
Les droits sont dus au dépôt de la déclaration et les héritiers en sont solidaires. Sur demande jointe à la déclaration, avec l'accord de tous :
Ces facilités supposent une garantie, par exemple une hypothèque, et des intérêts : 2 % pour les demandes faites en 2026. Vendre reste l'autre option, avec l'accord des héritiers en indivision.
Avec un appartement, le notaire est obligatoire pour l'attestation de propriété, publiée au service de la publicité foncière. Ses émoluments sont réglementés (articles A. 444-59 et suivants du code de commerce), hors TVA de 20 % :
Pour l'appartement de 1 000 000 €, ces actes représentent environ 11 900 € TTC, plus 1 000 € de contribution de sécurité immobilière (0,10 %), avant débours et remise éventuelle.
Vous devez déclarer un appartement dans une succession ? Parlons-en en toute confidentialité : nous vous aidons à établir une valeur défendable avant le dépôt de la déclaration.
Concrètement, AGUILA rédige une estimation argumentée de la valeur vénale au jour du décès : ventes comparables, état, étage, situation locative, travaux votés. Le notaire reste l'interlocuteur pour la déclaration et les actes. Notre méthode est présentée sur la page estimation d'appartement à Paris.
Pour un enfant unique, sans autre bien ni donation antérieure, la part taxable est de 400 000 € et les droits de 78 194 €. Avec deux enfants, chacun est taxé sur 150 000 €, soit 28 194 € par enfant.
Non. Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont exonérés. Le concubin est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 €, comme un tiers.
Des intérêts de 0,20 % par mois sont dus à partir du 7e mois. La majoration de 10 % ne s'ajoute qu'au-delà d'un an après un décès en métropole.
Oui. Les droits payés sur le bien et les frais d'acte s'ajoutent à la valeur déclarée pour former le prix d'acquisition. Une revente rapide au prix estimé ne dégage donc en général pas de plus-value imposable.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026 ; chaque situation familiale est différente et le notaire est l'interlocuteur pour la déclaration et les actes de succession. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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