
Pour donner un appartement à ses enfants de son vivant, il faut un acte notarié. Chaque parent peut transmettre jusqu'à 100 000 € à chaque enfant sans droits de donation, et cet abattement se renouvelle tous les 15 ans. Au-delà, le barème en ligne directe s'applique, de 5 % à 45 %. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) n'a modifié ni ces abattements ni ce barème : ce sont les règles en vigueur au 7 novembre 2026.
En bref
Une donation est un acte par lequel une personne transmet gratuitement un bien, de son vivant, à une autre qui l'accepte. Pour un bien immobilier, l'acte notarié est obligatoire. Le notaire rédige l'acte, calcule les droits, les perçoit et fait publier la donation au service de la publicité foncière.
On peut donner l'appartement en pleine propriété, c'est-à-dire en totalité, ou seulement la nue-propriété en gardant l'usufruit. La donation est en principe irrévocable, sauf cas limités prévus par la loi.
La donation simple profite à un ou plusieurs enfants. Elle est en principe faite « en avancement de part successorale » : c'est une avance sur l'héritage. Au décès du parent, elle est donc prise en compte dans le partage entre les héritiers. C'est ce qu'on appelle le rapport à la succession.
Le rapport se fait sur la valeur du bien au jour du partage, mais selon son état au jour de la donation (article 860 du code civil). Si l'appartement donné 400 000 € vaut 600 000 € quinze ans plus tard, c'est en principe 600 000 € qui comptent dans le partage. Cet écart peut créer des tensions entre frères et sœurs.
La donation-partage permet au parent de donner et de répartir lui-même ses biens entre ses héritiers présomptifs, en général ses enfants. Elle se fait obligatoirement devant notaire. Son principal intérêt est d'éviter la réévaluation : en principe, les biens sont définitivement évalués au jour de la donation-partage. Cette règle suppose notamment que tous les enfants aient reçu un lot et l'aient accepté. Si un enfant est laissé de côté, les biens sont réévalués au décès.
Sur le plan fiscal, les deux formes sont traitées de la même façon. La différence est civile : la donation-partage sécurise l'égalité entre enfants.
La réserve héréditaire est la part minimale du patrimoine que la loi garantit aux enfants. La quotité disponible est la part dont le parent peut disposer librement, au profit d'un enfant ou d'un tiers. Elles dépendent du nombre d'enfants :
Une donation qui dépasse la quotité disponible n'est pas nulle, mais un enfant lésé peut, au décès, agir en réduction pour obtenir sa part de réserve.
Un abattement est une somme déduite de la valeur transmise avant le calcul des droits. En ligne directe, il est de 100 000 € par parent et par enfant. Chaque enfant peut en bénéficier pour la donation de chacun de ses deux parents. Il se renouvelle tous les 15 ans : les donations faites par le même parent au même enfant depuis moins de 15 ans sont additionnées.
D'autres abattements existent : 31 865 € par petit-enfant, et un don familial de somme d'argent exonéré jusqu'à 31 865 € si le donateur a moins de 80 ans. Une exonération temporaire de 100 000 € vise aussi les dons d'argent affectés à l'achat d'un logement neuf ou à une rénovation énergétique, consentis jusqu'au 31 décembre 2026. Elle ne concerne pas la donation d'un appartement existant.
Après abattement, la part taxable de chaque enfant supporte le barème en ligne directe :
Les droits sont en principe dus par l'enfant qui reçoit. Le parent peut les payer à sa place, sans que ce paiement soit considéré comme une donation supplémentaire.
La propriété d'un bien peut être « démembrée ». L'usufruit est le droit d'utiliser le bien ou d'en percevoir les loyers. La nue-propriété est le droit d'en devenir pleinement propriétaire à la fin de l'usufruit. En donnant la nue-propriété et en gardant l'usufruit, le parent continue d'habiter l'appartement ou de le louer.
Les droits ne portent alors que sur la valeur de la nue-propriété. Elle est fixée par le barème de l'article 669 du code général des impôts, selon l'âge de l'usufruitier au jour de la donation. Quelques repères : la nue-propriété vaut 50 % de la pleine propriété si l'usufruitier a entre 51 et 60 ans, 60 % entre 61 et 70 ans, 70 % entre 71 et 80 ans. Notre article sur le barème de la nue-propriété et de l'usufruit détaille toutes les tranches.
Au décès du parent, l'usufruit rejoint la nue-propriété sans droits supplémentaires : l'enfant devient plein propriétaire. Attention : tant qu'il est usufruitier, le parent reste en principe redevable de l'IFI sur la pleine propriété du bien. Voir l'IFI 2026 et l'immobilier.
Hypothèses purement arithmétiques : un couple marié donne un appartement commun estimé 800 000 € à ses deux enfants, par donation-partage. Aucune donation n'a été faite depuis 15 ans.
Si les parents avaient 72 ans, la nue-propriété vaudrait 70 %, soit 560 000 €, et les droits atteindraient 24 777 €. L'âge au jour de l'acte compte donc beaucoup.
En plus des droits, la donation d'un appartement entraîne des frais d'acte :
Pour l'appartement de 800 000 € donné en pleine propriété, cela représente environ 10 177 € d'émoluments TTC, 4 914 € de taxe de publicité foncière avec frais d'assiette et 800 € de contribution de sécurité immobilière, soit près de 15 900 € avant débours. Seul le notaire peut établir le décompte exact.
Les droits sont calculés sur la valeur vénale réelle de l'appartement au jour de la donation. La valeur vénale est le prix qu'on obtiendrait d'une vente normale sur le marché ; un appartement loué s'évalue en tenant compte de son occupation. L'administration peut rectifier une valeur sous-évaluée.
La valeur déclarée sert aussi de prix d'acquisition si l'enfant revend un jour : une valeur trop basse augmente sa future plus-value imposable. Elle fixe enfin l'équilibre entre les lots d'une donation-partage. D'où l'intérêt d'une estimation argumentée de l'appartement, fondée sur des ventes comparables, l'étage, l'état et l'occupation.
Donner un appartement directement à plusieurs enfants les rend souvent propriétaires en indivision. La gestion exige alors leur accord. Une société civile immobilière permet de donner des parts progressivement, la gestion restant confiée à un gérant. Voir notre article sur la SCI familiale pour transmettre un appartement. Pour la transmission au décès, voir les droits de succession sur un bien immobilier.
Le projet de loi de finances pour 2027 contient des mesures sur les dons d'argent, mais rien n'est adopté au 7 novembre 2026 : l'Assemblée nationale a rejeté sa première partie le 4 novembre.
Vous envisagez de transmettre un appartement à vos enfants ? Parlons-en en toute confidentialité : nous établissons une valeur vénale argumentée, que vous pourrez remettre à votre notaire.
AGUILA intervient sur la partie immobilière du projet : estimation à partir des ventes comparables du quartier, description de l'état et de l'occupation, puis, si la famille le décide, vente ou mise en location. L'acte, le conseil juridique et le calcul des droits relèvent de votre notaire.
Oui. La donation peut avantager un enfant dans la limite de la quotité disponible. Le notaire peut la rédiger « hors part successorale » pour que l'avantage ne soit pas rapporté au partage.
Oui, en donnant seulement la nue-propriété et en gardant l'usufruit. Le parent reste chez lui ou perçoit les loyers jusqu'à son décès. Les droits sont alors calculés sur la valeur de la nue-propriété, selon son âge.
La plus-value de l'enfant se calcule à partir de la valeur retenue dans la donation, et non du prix d'achat payé par le parent. Si l'appartement est démembré, la vente nécessite l'accord du parent usufruitier et de l'enfant nu-propriétaire.
Oui. Il s'applique à toute donation d'un parent à un enfant, quelle que soit la nature du bien. Il est commun à toutes les donations du même parent au même enfant sur 15 ans.
Pas pour le calcul fiscal : l'abattement est de nouveau disponible. Sur le plan civil, en revanche, toute donation reste prise en compte au décès pour vérifier que la réserve des enfants est respectée, quelle que soit son ancienneté.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026. Chaque situation familiale est différente : le notaire est l'interlocuteur pour l'acte de donation, le respect de la réserve héréditaire et le calcul des droits. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un conseiller en gestion de patrimoine.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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