
Une SCI familiale est une société civile immobilière dont les associés sont membres d'une même famille. Pour transmettre un appartement, les parents y logent le bien puis donnent progressivement des parts à leurs enfants, en utilisant l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Les parts sont évaluées sur la valeur de l'appartement diminuée des dettes de la société. En contrepartie, la SCI impose des statuts, une comptabilité et des déclarations annuelles, et fait perdre certains avantages fiscaux de la résidence principale.
En bref
Une société civile immobilière (SCI) est une société qui achète, détient et gère des biens immobiliers. Ses associés, c'est-à-dire ses membres, détiennent des parts sociales en proportion de leurs apports. Il en faut au moins deux.
La SCI est dirigée par un gérant. Les statuts sont le contrat qui fixe ses règles : pouvoirs du gérant, majorités, cession des parts. Une clause d'agrément peut soumettre l'entrée d'un nouvel associé à l'accord des autres. Si la société ne peut pas payer, les associés répondent de ses dettes à proportion de leurs parts.
L'activité doit rester civile : la location nue convient, la location meublée n'est admise qu'à titre accessoire.
La SCI peut acheter l'appartement, souvent avec un emprunt, ou les parents peuvent lui apporter un bien qu'ils possèdent déjà. Attention : fiscalement, l'apport à une société est traité comme une cession. Il peut déclencher l'impôt sur la plus-value d'un bien qui n'est pas la résidence principale, ainsi que des droits d'enregistrement. Le notaire chiffre ce coût avant toute décision.
Une fois l'appartement dans la SCI, les parents donnent des parts. La donation de parts de SCI doit être faite par acte notarié. Elle bénéficie des mêmes abattements et du même barème qu'une donation d'appartement : 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, puis de 5 % à 45 %. Les règles détaillées figurent dans notre article sur la donation d'un appartement aux enfants.
La valeur d'une part se calcule d'abord par la méthode de l'actif net réévalué. On prend la valeur vénale de l'appartement, c'est-à-dire son prix de marché, et les autres actifs de la société. On retire ses dettes certaines : capital restant dû de l'emprunt, factures impayées. On divise le résultat par le nombre de parts.
Une décote, c'est-à-dire une réduction de valeur, peut parfois s'ajouter. Elle reflète la difficulté à revendre des parts non cotées, une clause d'agrément ou une participation minoritaire. Il n'existe pas de taux officiel. Les tribunaux ont admis des taux variables selon les dossiers : une analyse du cabinet CMS Francis Lefebvre (avril 2024) cite, par exemple, une décote de 10 % pour clause d'agrément retenue par la Cour de cassation en 1997. Chaque décote doit être justifiée au cas par cas, et l'administration refuse de déduire l'impôt latent sur la plus-value.
Tout repose sur la valeur de l'appartement. Une évaluation immobilière argumentée, fondée sur des ventes comparables, sécurise la déclaration de la donation.
Les parents peuvent donner seulement la nue-propriété des parts et en garder l'usufruit. L'usufruit est le droit de percevoir les revenus ; la nue-propriété, celui de devenir plein propriétaire au décès de l'usufruitier. Les droits ne portent alors que sur la nue-propriété, évaluée selon l'âge de l'usufruitier (barème de l'article 669 du code général des impôts) : 60 % de la valeur si l'usufruitier a entre 61 et 70 ans, par exemple.
Pour le vote, la loi donne la main au nu-propriétaire, sauf pour l'affectation des bénéfices, réservée à l'usufruitier (article 1844 du code civil). Les statuts peuvent aménager cette répartition, mais chacun conserve le droit de participer aux décisions collectives. Au décès du parent, l'usufruit s'éteint et l'enfant devient plein propriétaire des parts, sans droits supplémentaires. Côté IFI, le parent usufruitier déclare en principe la pleine propriété des parts : voir l'IFI 2026 et l'immobilier.
Hypothèses purement arithmétiques : une SCI détient un appartement estimé 1 000 000 €. Il reste 200 000 € d'emprunt. Le capital est divisé en 1 000 parts, 500 pour chaque parent. Le couple a deux enfants et n'a fait aucune donation depuis 15 ans.
Dans l'option 1, les 500 parts restantes pourront être données quinze ans plus tard, avec de nouveaux abattements.
Créer une SCI suppose de rédiger des statuts, de publier une annonce légale et d'immatriculer la société. Ensuite, le gérant doit tenir des comptes et en rendre compte aux associés au moins une fois par an. Une SCI à l'impôt sur le revenu dépose chaque année une déclaration n° 2072. Une gestion relâchée fragilise la société en cas de désaccord familial ou de contrôle.
Par défaut, la SCI relève de l'impôt sur le revenu (IR) : chaque associé déclare sa part des loyers, même non distribués. À la revente, la plus-value suit le régime des particuliers, avec ses abattements pour durée de détention.
La SCI peut opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), au taux de 25 %, ou de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice sous conditions. L'appartement est alors amorti, ce qui réduit l'impôt annuel. Mais à la revente, la plus-value est calculée après déduction des amortissements, sans abattement pour durée de détention, puis les distributions aux associés sont imposées à leur tour. L'option est irrévocable.
La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) n'a modifié ni les abattements ni le barème des donations. Son article 7 crée une taxe annuelle de 20 % sur certains actifs des sociétés patrimoniales (article 235 ter C du code général des impôts). Elle vise les sociétés soumises à l'IS dont les actifs atteignent 5 M€, contrôlées à 50 % au moins par une personne physique et dont les revenus passifs dépassent la moitié des produits. Parmi les biens taxés figurent les logements dont l'associé se réserve la jouissance, gratuitement ou sous le loyer de marché. Elle s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Les SCI à l'IR ne sont pas concernées. Nous n'avons pas trouvé de commentaire administratif publié au BOFiP à la date de nos vérifications : une SCI à l'IS qui loge la famille doit faire vérifier sa situation.
L'abus de droit permet à l'administration d'écarter un montage fictif ou motivé par un but exclusivement fiscal (article L. 64 du livre des procédures fiscales). Depuis 2020, l'article L. 64 A vise aussi les actes au motif principalement fiscal. L'administration précise que les transmissions anticipées de patrimoine, y compris avec réserve d'usufruit, ne sont pas visées en elles-mêmes, à condition de ne pas être fictives.
En pratique, la vigilance porte sur la sincérité des opérations et sur la valeur déclarée : une valeur sous-évaluée, une décote non justifiée ou une dette sans réalité peuvent être rectifiées. Les statuts doivent être réellement appliqués. En cas de doute, une demande de rescrit permet d'interroger l'administration avant l'opération.
Vous envisagez de transmettre un appartement par une SCI familiale ? Parlons-en en toute confidentialité : nous vous aidons à établir la valeur de l'appartement qui servira de base au calcul des parts.
AGUILA intervient sur la partie immobilière du projet : estimation de l'appartement détenu ou à apporter, analyse de son potentiel locatif, puis gestion locative pour le compte de la SCI si les associés le souhaitent. La rédaction des statuts, l'acte de donation et le choix du régime fiscal relèvent du notaire, de l'avocat ou de l'expert-comptable.
Pas pour rédiger les statuts, qui peuvent être établis sous seing privé. Le notaire est en revanche nécessaire pour apporter ou acheter un appartement, et pour donner des parts à ses enfants.
Oui, s'ils restent gérants et si les statuts encadrent la révocation du gérant et les majorités. Avec un démembrement, ils conservent aussi l'usufruit, donc les revenus et le vote sur l'affectation des bénéfices.
Elle ne change ni les abattements ni le barème. Elle permet de fractionner les donations et de transmettre une valeur nette des dettes de la société. Une décote éventuelle doit être justifiée au cas par cas.
Oui, mais l'occupation doit être prévue et encadrée par les associés. La résidence principale détenue en SCI perd l'abattement de 30 % à l'IFI et de 20 % dans la succession.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026. Chaque situation familiale est différente : le notaire, l'avocat ou l'expert-comptable sont les interlocuteurs pour la rédaction des statuts, l'acte de donation et le choix du régime fiscal. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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