
Après un décès, les héritiers deviennent propriétaires ensemble de l'appartement : c'est l'indivision. Les actes de gestion courante se décident à la majorité des deux tiers des droits, mais la vente à l'amiable exige l'unanimité. Personne n'est obligé de rester en indivision (article 815 du code civil) : on en sort par une vente, par le rachat des parts d'un héritier contre une soulte, taxé au droit de partage de 2,5 % en 2026, ou par une licitation, c'est-à-dire une vente aux enchères.
En bref
L'indivision est la situation d'un bien qui appartient à plusieurs personnes ayant des droits de même nature sur sa totalité. Deux enfants qui héritent à parts égales d'un appartement en détiennent chacun la moitié des droits, sans qu'aucune pièce ne leur appartienne en propre. Chacun est appelé indivisaire. L'indivision prend fin par le partage, qui attribue à chacun des biens précis.
Un usufruitier et un nu-propriétaire ne sont pas en indivision entre eux, car leurs droits ne sont pas de même nature : l'usufruit est le droit d'utiliser le bien ou d'en percevoir les loyers, la nue-propriété le droit de le recueillir en pleine propriété plus tard.
Les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits peuvent, en informant les autres :
La vente amiable de l'appartement, sa mise en garantie (hypothèque) et tout acte étranger à l'exploitation normale du bien supposent l'accord de tous. Chaque indivisaire peut en revanche prendre seul les mesures nécessaires à la conservation du bien, comme une réparation urgente.
Le tribunal peut autoriser un indivisaire à agir seul lorsque le refus d'un autre met en péril l'intérêt commun. Depuis la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, l'article 815-6 du code civil précise que le président du tribunal judiciaire peut, en cas d'urgence, autoriser un indivisaire à conclure seul la vente d'un bien indivis.
Nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision : chaque héritier peut demander le partage à tout moment, sauf convention d'indivision à durée déterminée. Cinq voies existent :
La soulte est la somme d'argent qui compense l'inégalité des lots : l'héritier qui reçoit un bien d'une valeur supérieure à ses droits verse la différence aux autres. On parle couramment de « rachat de soulte » lorsqu'un héritier garde l'appartement et rachète la part de ses cohéritiers.
Le calcul suit trois étapes :
Point essentiel : les biens sont estimés à leur valeur à la date de la jouissance divise, fixée dans l'acte de partage et aussi proche que possible de celui-ci (article 829 du code civil). Ce n'est pas la valeur déclarée au décès. Si l'appartement s'est valorisé depuis, la soulte augmente.
Un héritier copropriétaire qui habitait le logement au moment du décès, et y habite toujours, peut en demander l'attribution préférentielle (article 831-2). La soulte est alors en principe payable comptant ; le conjoint survivant bénéficie de délais particuliers, détaillés dans notre article sur le logement du conjoint survivant.
Hypothèse purement arithmétique : deux enfants héritent à parts égales d'un appartement parisien estimé 800 000 € au jour du partage, sans dette. L'un souhaite le garder.
Variante : la succession comprend aussi 100 000 € de liquidités, attribuées à l'autre enfant. La masse atteint 900 000 €, soit 450 000 € de droits chacun. La soulte tombe à 800 000 € − 450 000 € = 350 000 €, et le droit de partage passe à 900 000 € × 2,5 % = 22 500 €. S'y ajoutent les émoluments réglementés du notaire et la contribution de sécurité immobilière.
Le partage d'une succession est soumis à un droit de 2,5 %, calculé sur l'actif net partagé, c'est-à-dire la valeur des biens au jour du partage moins le passif. Dans ce régime de faveur, réservé aux partages entre membres d'origine de l'indivision, les soultes ne sont pas déduites de la base et ne sont pas taxées comme une vente.
Le taux réduit de 1,10 %, applicable depuis le 1er janvier 2022, ne concerne que les partages consécutifs à un divorce, une séparation de corps ou une rupture de PACS. Les licitations et cessions de droits entre membres d'origine de l'indivision bénéficient aussi du taux de 2,5 % : il porte sur les parts acquises, ou sur la valeur totale du bien lorsque l'opération met fin à l'indivision. Aucune loi de finances récente n'a modifié ces taux.
La licitation est la vente aux enchères d'un bien indivis. Elle peut être amiable, entre indivisaires, ou judiciaire, ordonnée par le tribunal dans le cadre d'un partage judiciaire. Le prix final n'est pas connu à l'avance : il dépend des enchères, à partir d'une mise à prix fixée au préalable.
Une proposition visant à abaisser ce seuil à plus de la moitié des droits a été écartée au Sénat en décembre 2025 ; la loi du 7 avril 2026 ne l'a pas retenue et ne prévoit qu'une règle propre à la Corse. Cette même loi réforme le partage judiciaire, sous réserve d'un décret d'application.
Les héritiers qui veulent rester propriétaires ensemble, par exemple pour louer l'appartement, peuvent signer une convention d'indivision. Elle doit être écrite, désigner les biens et les droits de chacun. Pour un bien immobilier, elle est rédigée par un notaire et publiée au service de la publicité foncière. Conclue pour 5 ans au plus, elle est renouvelable. Elle peut nommer un gérant, répartir les charges et fixer une indemnité d'occupation. La mise en location et le suivi peuvent être confiés à un professionnel de la gestion locative à Paris.
L'indivisaire qui utilise seul le bien doit, sauf accord contraire, une indemnité à l'indivision (article 815-9). Il faut une jouissance exclusive : garder les clés et empêcher les autres d'accéder au bien peut suffire. Le montant est fixé par accord ou, à défaut, par le juge, d'après la valeur locative, souvent réduite d'environ 20 % pour tenir compte de la précarité de l'occupation. L'action se prescrit par cinq ans (article 815-10).
Exemple arithmétique : pour une valeur locative de 2 000 € par mois et une décote de 20 %, l'indemnité atteint 19 200 € par an, dus à l'indivision. Avec deux héritiers à parts égales, l'autre en recueille 9 600 € par an au partage.
Vous êtes en indivision sur un appartement à Paris ? Parlons-en en toute confidentialité : une valeur partagée par tous les héritiers est souvent le premier pas vers un accord.
Concrètement, AGUILA établit une estimation écrite et argumentée de l'appartement à la date utile, partage ou rachat de parts, et présente la méthode aux héritiers. Le notaire reste l'interlocuteur pour la convention, le partage et le calcul des droits. Notre méthode est présentée sur la page estimation d'appartement à Paris.
Pas à l'amiable. Les héritiers détenant au moins deux tiers des droits peuvent toutefois engager la procédure de l'article 815-5-1, qui aboutit à une vente aux enchères autorisée par le tribunal. En cas d'urgence, le juge peut aussi autoriser un indivisaire à vendre seul.
Sur la valeur du bien au jour du partage, et non sur la valeur déclarée au décès. Une estimation récente et documentée évite les contestations entre héritiers.
Il est dû sur l'acte de partage, au taux de 2,5 % de l'actif net partagé. Sa répartition entre héritiers est fixée dans l'acte.
Oui. Les droits de succession sont dus au dépôt de la déclaration, dans les 6 mois du décès en France métropolitaine, que le bien soit vendu, partagé ou conservé. Voir notre article sur les droits de succession sur un appartement.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026 ; chaque situation familiale est différente et le notaire, ou l'avocat en cas de contentieux, est l'interlocuteur pour le partage et la sortie d'indivision. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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