
Oui, on peut vendre un appartement hérité sans attendre la fin de la succession, à deux conditions : l'accord de tous les héritiers et une attestation de propriété établie par le notaire. Fiscalement, le prix d'acquisition retenu pour la plus-value est la valeur déclarée dans la succession, augmentée des droits et frais payés, et la durée de détention court depuis le décès. Une vente rapide, au prix estimé, ne dégage donc en général pas de plus-value imposable en 2026.
En bref
Oui. Rien n'impose d'attendre le partage, ni même le dépôt de la déclaration de succession. La vente peut intervenir dès que les héritiers sont identifiés, qu'ils sont d'accord et que l'attestation de propriété est établie.
Le calendrier fiscal, lui, ne s'adapte pas à la vente. La déclaration de succession est due dans les 6 mois du décès en France métropolitaine, et les droits sont payés au dépôt. Si la vente n'est pas signée à temps, les héritiers peuvent demander un paiement fractionné. Le détail figure dans notre article sur les droits de succession sur un appartement.
Tant que le bien est indivis, sa vente à l'amiable suppose l'unanimité. Les héritiers détenant au moins deux tiers des droits peuvent toutefois saisir un notaire puis le tribunal judiciaire, qui peut autoriser une vente aux enchères (article 815-5-1 du code civil). Depuis la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, le président du tribunal peut aussi, en cas d'urgence et si l'intérêt commun l'exige, autoriser un indivisaire à signer seul la vente (article 815-6). Ces mécanismes, comme le rachat de parts par un héritier, sont détaillés dans notre article sur l'indivision successorale, la soulte et la licitation.
Si l'appartement n'est pas la résidence principale du vendeur au moment de la vente, la plus-value est imposable à 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Trois règles propres aux biens hérités changent le calcul :
Chaque héritier est imposé sur sa quote-part. La surtaxe sur les plus-values élevées ne s'applique qu'au-delà de 50 000 € de plus-value imposable par vendeur. Le calcul complet, avec les abattements année par année, est présenté dans notre article sur le calcul de la plus-value immobilière.
Hypothèse purement arithmétique : un appartement parisien est déclaré 800 000 € dans la succession d'un parent, au profit de deux enfants, sans autre bien. Chaque enfant paie 58 194 € de droits, soit 116 389 € au total. Les actes du notaire liés au bien (attestation de propriété, déclaration, contribution de sécurité immobilière) représentent environ 10 437 €. Le prix d'acquisition majoré atteint donc 926 825 €.
Les frais de vente à la charge des vendeurs, comme les diagnostics, viennent en plus réduire le prix de cession retenu.
La valeur déclarée est la valeur vénale au jour du décès : le prix qu'on obtiendrait ce jour-là, dans des conditions normales de vente. Elle sert deux fois : pour calculer les droits de succession, puis comme prix d'acquisition lors de la revente.
Une valeur sous-estimée réduit les droits mais expose à un redressement. Une vente intervenant peu après le décès, à un prix nettement supérieur, fournit à l'administration un élément de comparaison direct. À l'inverse, une valeur surestimée fait payer des droits inutiles. L'objectif est une estimation sincère et documentée : ventes comparables, étage, état, surface, situation locative, travaux votés en copropriété.
Si l'appartement était loué, le décès du propriétaire ne met pas fin au bail (article 1742 du code civil) : les héritiers deviennent bailleurs. Ils peuvent vendre le bien loué, à un prix en général inférieur à celui d'un bien libre, ou délivrer un congé pour vendre à l'échéance du bail, dans les formes et délais légaux. Les deux options sont comparées dans notre article sur la vente d'un appartement loué à Paris.
Si l'appartement est vide, il faut souvent le libérer des meubles et décider s'il est présenté en l'état ou après un rafraîchissement. Un bien vide à rénover vise des acquéreurs prêts à engager des travaux, qui en intègrent le coût dans leur offre.
Entre le décès et la vente, les charges continuent : charges de copropriété, taxe foncière, assurance, abonnements. Elles sont supportées par l'indivision, chaque héritier à proportion de ses droits. Quelques points de vigilance :
Vous héritez d'un appartement à Paris et envisagez de le vendre ? Parlons-en en toute confidentialité : nous faisons le point avec vous, et si besoin avec le notaire, sur la valeur, le calendrier et l'accord des héritiers.
Concrètement, AGUILA estime le bien en cohérence avec la valeur de succession, coordonne la préparation du dossier avec le notaire, présente l'appartement à des acquéreurs qualifiés et tient informés tous les héritiers à chaque étape. Notre accompagnement est détaillé sur la page vente d'appartement à Paris.
Non. La vente peut être signée avant le dépôt de la déclaration, dès que l'attestation de propriété est établie et que les héritiers sont d'accord. La déclaration et le paiement des droits restent dus dans les délais légaux.
C'est l'acte notarié, aussi appelé attestation de propriété, qui constate la transmission d'un bien immobilier aux héritiers. Il est publié au service de la publicité foncière et conditionne la vente à un tiers. Ses émoluments sont proportionnels à la valeur du bien.
Oui. Qu'il s'agisse d'une maison ou d'un appartement, les étapes, l'accord des héritiers et le calcul de la plus-value sont identiques. Seuls les diagnostics et documents à fournir varient selon le type de bien.
Oui, si l'appartement est sa résidence principale au jour de la vente : l'exonération de la résidence principale s'applique alors à sa quote-part. Les autres cas d'exonération, liés au montant ou à la situation du vendeur, sont limités.
Oui. Chaque héritier est imposé sur sa quote-part de la plus-value, selon la même durée de détention, comptée depuis le décès. Le seuil de 50 000 € de la surtaxe s'apprécie lui aussi vendeur par vendeur.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026 ; chaque situation familiale est différente et le notaire est l'interlocuteur pour les actes de succession et de vente. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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