
Oui, lorsque le couple était marié. Le conjoint survivant a d'abord le droit d'occuper gratuitement le logement pendant un an après le décès ; ce droit est d'ordre public, le défunt ne peut pas l'en priver (code civil, art. 763). Il peut ensuite y rester à vie grâce au droit viager au logement, s'il le demande dans l'année du décès, sauf si le défunt l'en a privé par testament notarié (art. 764). Le partenaire de Pacs n'a que le droit d'un an et le concubin aucun. Règles en vigueur en novembre 2026 (Service Public, fiche vérifiée le 27 janvier 2026).
En bref
Le conjoint survivant est l'époux ou l'épouse non divorcé du défunt. S'il occupait effectivement le logement comme résidence principale au jour du décès, il en a la jouissance gratuite pendant un an, avec le mobilier qui le garnit (code civil, art. 763, en vigueur depuis le 1er janvier 2007).
Ce droit est un effet direct du mariage, pas un droit d'héritage : il ne réduit pas la part successorale du conjoint. Il est d'ordre public : aucun testament ne peut l'écarter.
Après cette première année, l'époux survivant peut obtenir un droit viager au logement : un droit d'habitation sur l'appartement et un droit d'usage sur les meubles, jusqu'à son décès (code civil, art. 764). Trois conditions s'appliquent.
Le défunt ne peut l'en priver que par un testament authentique, reçu par notaire. La valeur de ce droit s'impute sur la part d'héritage du conjoint. Si elle est inférieure, il prend le complément sur les autres biens ; si elle est supérieure, il ne doit rien aux autres héritiers. Fiscalement, le droit d'habitation et d'usage vaut 60 % de la valeur de l'usufruit (CGI, art. 762 bis).
Si l'appartement n'est plus adapté à ses besoins, par exemple en cas d'entrée en maison de retraite, le conjoint peut le louer, sauf à usage commercial ou agricole, pour financer son nouvel hébergement (art. 764). Les héritiers et lui peuvent aussi convertir ce droit en rente viagère ou en capital, d'un commun accord (art. 766). Pendant ce droit, le conjoint assume l'entretien courant et les taxes du logement.
Au-delà du logement, le conjoint hérite d'une part de la succession. L'usufruit est le droit d'utiliser un bien et d'en percevoir les revenus, sans pouvoir le vendre seul ; la pleine propriété réunit tous les droits. En présence d'enfants, l'article 757 du code civil prévoit :
Tout héritier peut inviter le conjoint, par écrit, à choisir. Sans réponse écrite dans les trois mois, il est réputé avoir choisi l'usufruit (code civil, art. 758-3).
L'usufruit sur l'appartement lui permet d'y vivre ou de le louer jusqu'à son décès. Les enfants, nus-propriétaires, récupèrent alors la pleine propriété sans nouveaux droits. Le fonctionnement et le barème sont détaillés dans notre article nue-propriété et usufruit : le barème fiscal. Si l'appartement appartenait à la communauté du couple, seule la moitié du défunt entre dans la succession : l'autre moitié appartient déjà au survivant.
La donation au dernier vivant, ou donation entre époux, est un acte notarié qui augmente la part d'héritage du conjoint. Elle ne porte que sur les biens que l'époux laissera à son décès. En présence d'enfants, communs ou non, elle permet au survivant de choisir entre trois options (code civil, art. 1094-1) :
Elle est particulièrement utile en présence d'enfants d'une autre union, puisque la loi ne donne alors au conjoint que le quart en pleine propriété. Elle est réservée aux couples mariés. L'acte coûte 135,84 € TTC d'émoluments, hors inscription au fichier central des dispositions de dernières volontés (Service Public, fiche F2767, vérifiée le 5 octobre 2026). Elle peut être révoquée à tout moment, sauf si elle figure dans le contrat de mariage.
Exemple chiffré. Un époux décède en laissant un appartement de 900 000 € qui lui appartenait en propre, sans autre bien ni dette. Son conjoint a 74 ans ; ils ont deux enfants communs. Au barème fiscal, l'usufruit vaut 30 % à cet âge. Pour chaque option, voici la part du conjoint et les droits de chaque enfant (abattement de 100 000 €, barème en ligne directe, sans forfait mobilier ni frais) :
Le conjoint ne paie aucun droit de succession, quelle que soit l'option. Dans cet exemple, son droit viager d'habitation vaudrait 162 000 € (60 % de 30 %), à imputer sur sa part. Le calcul des droits est détaillé dans notre article droits de succession sur un bien immobilier.
Dans tous les cas, un testament ne peut pas entamer la part réservée aux enfants.
Pour l'IFI, l'usufruit légal du conjoint (art. 757) donne lieu à une imposition répartie entre usufruitier et nus-propriétaires selon le barème. Ce n'est pas le cas d'un usufruit reçu par donation au dernier vivant : l'usufruitier déclare alors la valeur en pleine propriété (CGI, art. 968). Un conjoint qui a besoin de liquidités peut aussi envisager, avec ses enfants, de vendre la nue-propriété d'un bien qu'il détient.
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Pas pendant la première année : le droit temporaire est d'ordre public. Ensuite, s'il a demandé son droit viager dans l'année et n'en a pas été privé par testament notarié, il peut rester à vie. Les exceptions tiennent surtout aux logements détenus en indivision avec des tiers.
Elle ajoute deux options à celles de la loi : la quotité disponible en pleine propriété, et le quart en pleine propriété avec les trois quarts en usufruit. Elle laisse aussi au conjoint la possibilité de ne prendre qu'une partie des biens. Le notaire aide à mesurer son intérêt selon le patrimoine.
Non, sauf testament. Sans testament, il peut seulement occuper le logement gratuitement pendant un an. Avec un testament, il est exonéré de droits sur ce qu'il reçoit, dans la limite de la part non réservée aux enfants.
Non. L'époux survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de droits de succession. Les enfants paient des droits sur leur part, calculée en nue-propriété si le conjoint a l'usufruit.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026 et l'exemple est simplifié. Chaque situation familiale est différente : le notaire est votre interlocuteur pour la succession, les options du conjoint et la donation entre époux. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats.
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