
Un investisseur fixe le prix des murs d'un hôtel loué en divisant le loyer net qu'il percevra par le taux de rendement qu'il exige. Pour les meilleurs actifs, CBRE relevait au 4e trimestre 2025 un taux prime de 5,00 % pour un hôtel loué par bail commercial et de 6,00 % sous contrat de gestion ; Cushman & Wakefield situe les taux prime parisiens entre 4,75 % et 5,25 % au premier semestre 2026. Le taux retenu pour vos murs dépendra ensuite de trois choses : le bail, la solidité de l'exploitant et l'état de l'immeuble.
En bref
L'acquéreur achète un flux de loyers. Il retranche du loyer annuel ce qui restera à sa charge (charges et travaux non refacturables, assurance, gestion), puis capitalise ce loyer net. Plus le revenu est sûr et durable, plus le taux accepté est bas.
Exemple arithmétique : un loyer net de 400 000 € par an capitalisé à 5,0 % donne 8 000 000 € ; à 6,5 %, il donne environ 6 150 000 €. Le même hôtel, avec le même loyer, peut donc valoir 1,85 million d'euros de moins selon le risque perçu. Vérifiez aussi si le taux annoncé s'entend droits inclus ou hors droits : la différence est significative.
D'autres méthodes servent de contrôle, comme le prix par chambre : voir l'estimation de la valeur d'un hôtel.
Les cabinets publient des taux « prime », observés sur les meilleurs actifs, et non des moyennes de marché.
Les deux séries n'ont pas la même définition et ne se comparent donc pas directement. Retenez l'ordre de grandeur : un hôtel loué à un exploitant solide, bien placé, avec un bail long, se négocie autour de ces niveaux ; un hôtel en région, plus petit ou avec un bail court, à un taux supérieur. Pour le contexte parisien, voir notre analyse du marché hôtelier parisien en 2026.
Un bail commercial dure au moins neuf ans et le locataire peut en principe donner congé tous les trois ans. Le Code de commerce (article L145-4) autorise toutefois une stipulation contraire pour les baux de plus de neuf ans et pour les locaux construits en vue d'une seule utilisation, catégorie dont relèvent en général les hôtels. Une longue durée ferme restante rassure l'acquéreur.
Pour une activité commerciale comme l'hôtellerie, la révision légale se fait sur l'indice des loyers commerciaux (ILC) ; l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) vise les autres activités, comme les bureaux ou les entrepôts. Le bail peut prévoir une indexation annuelle, un loyer fixe, ou un loyer en partie variable assis sur le chiffre d'affaires. Pour les baux conclus depuis le 28 mai 2026, une clause « tunnel » encadrant la variation annuelle de l'ILC est expressément autorisée (loi n° 2026-403 du 26 mai 2026).
Les hôtels sont en général qualifiés de locaux monovalents. Leur loyer de renouvellement échappe alors au plafonnement et se fixe selon les usages de la profession (articles L145-36 et R145-10), par la « méthode hôtelière » fondée sur la recette théorique de l'établissement. Le loyer renouvelé peut donc monter, mais aussi baisser. L'acquéreur comparera le loyer actuel à cette valeur locative : un loyer nettement au-dessus du marché sera décoté.
Depuis la loi Pinel, l'article R145-35 interdit d'imputer au locataire, notamment :
Ces règles s'appliquent aux baux conclus ou renouvelés depuis la publication du décret du 3 novembre 2014. Un bail plus ancien, non renouvelé, peut encore mettre des grosses réparations à la charge de l'exploitant, ce qui améliore le revenu net. L'acquéreur demandera aussi l'inventaire des charges et l'état des travaux prévus et réalisés (article L145-40-2). La trajectoire énergétique pèse également : voir le décret tertiaire appliqué aux hôtels.
La loi du 26 mai 2026 plafonne les garanties exigées du locataire à trois mois de loyer pour les baux conclus ou renouvelés depuis cette date. Pour les ventes intervenues à compter du 26 août 2026, c'est le nouveau propriétaire qui doit restituer le dépôt de garantie au locataire, selon les Notaires de France. Il se règle en pratique dans les comptes de l'acte.
Le loyer ne vaut que ce que vaut le locataire. L'acquéreur analysera :
Si le bail ne prévoit pas la communication des comptes de l'exploitant, demandez son accord avant la mise en vente : un acquéreur qui ne voit rien applique une prime de risque.
L'article L145-46-1 du Code de commerce oblige le propriétaire d'un local à usage commercial qui veut le vendre à le proposer d'abord à son locataire, au prix et aux conditions envisagés. Le locataire a un mois pour répondre. Le texte sanctionne par la nullité le non-respect de ces notifications.
Depuis la loi du 26 mai 2026, pour les ventes intervenues après sa promulgation, le texte définit le local à usage commercial : un local destiné à titre principal au commerce de détail ou de gros, ou à des prestations de services à caractère commercial, à l'exclusion des bureaux et des entrepôts. Un hôtel paraît entrer dans cette définition, mais aucune décision publiée ne l'a encore confirmé sous le nouveau texte.
Le droit de préférence ne s'applique pas en cas de cession globale d'un immeuble comprenant des locaux commerciaux. La Cour de cassation applique cette exception même lorsque l'immeuble ne contient qu'un seul local commercial, dès lors que le local loué n'est qu'une partie de ce qui est vendu (3e chambre civile, 19 juin 2025, n° 23-19.292). Lorsque le bail porte sur la totalité de l'immeuble vendu, la situation est moins tranchée : votre notaire doit l'analyser avant toute commercialisation. Vérifiez aussi le bail, qui peut contenir un pacte de préférence conventionnel.
Une SCI à l'impôt sur le revenu qui loue les murs nus relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. La plus-value est taxée à 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux de 17,2 % n'a pas été touché par la hausse de 2026, qui exclut les plus-values immobilières.
Des abattements réduisent l'assiette après la cinquième année de détention : 6 % par an de la 6e à la 21e année et 4 % la 22e pour l'impôt, d'où une exonération après 22 ans ; 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e, puis 9 % par an pour les prélèvements sociaux, d'où une exonération après 30 ans. Une taxe de 2 % à 6 % s'ajoute lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €.
Exemple arithmétique : plus-value brute de 1 000 000 € après 12 ans de détention. Abattement de 42 % pour l'impôt (6 % × 7 ans), soit une base de 580 000 € et 110 200 € d'impôt. Abattement de 11,55 % pour les prélèvements sociaux, soit une base de 884 500 € et 152 134 € de prélèvements. Total : 262 334 €, hors taxe sur les plus-values élevées.
Ces règles changent si la SCI est à l'impôt sur les sociétés ou loue meublé : voir la fiscalité de la vente d'un hôtel.
Vous envisagez de vendre les murs d'un hôtel loué ? Parlons-en en toute confidentialité : nous commençons par une lecture du bail et une première fourchette de valeur.
AGUILA accompagne les propriétaires de murs hôteliers, souvent détenus en SCI : analyse du bail et des charges, avis de valeur par capitalisation, dossier d'investissement, identification d'acquéreurs privés et institutionnels, puis suivi jusqu'à l'acte avec votre notaire. Notre démarche est décrite sur la page transaction hôtelière.
Pour les meilleurs actifs, CBRE relevait 5,00 % sous bail commercial et 6,00 % sous contrat de gestion au 4e trimestre 2025. Un actif moins bien placé ou avec un bail plus court se négocie à un taux plus élevé.
Souvent oui, au titre de l'article L145-46-1 du Code de commerce, sauf exceptions comme la vente globale d'un immeuble comprenant des locaux commerciaux. Depuis la loi du 26 mai 2026, le texte définit le local commercial concerné. Faites vérifier la situation par le notaire avant de commercialiser.
Cela dépend de ses clauses. Un bail antérieur à novembre 2014 non renouvelé peut laisser les grosses réparations à l'exploitant. Mais une échéance proche ouvre une renégociation du loyer, à la hausse comme à la baisse.
Au régime des plus-values immobilières : 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, après abattements pour durée de détention. L'exonération est totale après 22 ans pour l'impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux.
Pour les ventes intervenues à compter du 26 août 2026, l'obligation de restitution passe au nouveau propriétaire (article L145-40 modifié par la loi du 26 mai 2026). Le montant se règle en général entre vendeur et acquéreur dans l'acte.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou une expertise immobilière. Les taux de rendement cités sont des moyennes de marché publiées par des cabinets et ne constituent pas une évaluation de votre bien. AGUILA n'est ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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