
Un hôtel est soumis au décret tertiaire dès que ses activités tertiaires occupent au moins 1 000 m² de surface de plancher, dans un même bâtiment ou sur un même site. Le dispositif s'appelle aujourd'hui Éco Énergie Tertiaire et repose sur l'article L174-1 du Code de la construction et de l'habitation. L'hôtel doit réduire sa consommation d'énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence, ou atteindre un seuil fixé en valeur absolue pour l'hôtellerie. Les consommations de l'année précédente se déclarent sur la plateforme OPERAT avant le 30 septembre de chaque année. En cas de vente, l'évaluation du respect de l'obligation est annexée à la promesse.
En bref
L'obligation vise les bâtiments existants à usage tertiaire, dont l'hôtellerie. Elle s'applique dans trois cas :
Pour un hôtel, la surface compte les chambres mais aussi la réception, les bureaux, les espaces de bien-être et la restauration.
L'obligation pèse sur le propriétaire et, s'il y en a un, sur le preneur à bail. Chacun répond des actions qui relèvent de sa responsabilité au regard du bail. C'est fréquent dans l'hôtellerie : les murs appartiennent à un investisseur et le fonds est exploité par une autre société. Les deux parties doivent alors définir ensemble les actions à mener et déclarer chacune les consommations qui les concernent.
L'article L174-1 laisse le choix entre deux objectifs. Atteindre l'un des deux suffit.
La consommation d'énergie finale doit baisser de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une consommation de référence. L'année de référence est choisie entre 2010 et 2019. Elle peut aussi correspondre à la première année pleine d'exploitation déclarée sur OPERAT. Elle doit couvrir 12 mois consécutifs. Sans choix avant le 30 septembre 2027, c'est la première année pleine d'exploitation déclarée qui s'applique.
Exemple de calcul. Prenons un hôtel dont la consommation de référence, corrigée du climat, est de 300 kWh/m²/an. Son objectif relatif est de 300 × 0,6 = 180 kWh/m²/an en 2030, 300 × 0,5 = 150 kWh/m²/an en 2040 et 300 × 0,4 = 120 kWh/m²/an en 2050.
L'objectif peut aussi être un seuil de consommation propre à la catégorie d'activité, exprimé en kWh/m²/an. Pour l'hôtellerie, ces seuils 2030 ont été fixés par l'arrêté du 28 novembre 2023, publié au Journal officiel du 10 décembre 2023.
L'hôtellerie y est découpée en sous-catégories :
OPERAT calcule ce seuil automatiquement à partir des données déclarées. Les seuils 2040 et 2050 n'ont pas encore été publiés.
Le parc tertiaire avance sur cette trajectoire. Selon le ministère de la Transition écologique, les bâtiments déclarés sur OPERAT ont réduit leur consommation corrigée du climat d'environ 26 % entre la période 2010-2019 et 2024. Près de la moitié ont déjà atteint leur objectif 2030 (communiqué du 19 mai 2026).
Chaque année, le propriétaire et, le cas échéant, l'exploitant déclarent sur OPERAT, plateforme gérée par l'ADEME, les consommations de l'année précédente. La date limite est le 30 septembre : les consommations 2025 devaient être déclarées au plus tard le 30 septembre 2026. La déclaration comprend :
Pour un hôtel qui change de main, un point est décisif. L'acquéreur ne conserve l'année de référence de son prédécesseur que s'il déclare l'identifiant OPERAT de l'EFA transmis par le vendeur, les surfaces reprises et sa date d'entrée en propriété. À défaut, l'année de référence ne peut pas être antérieure à la date du changement de propriétaire.
Oui, dans trois cas prévus par la loi :
La modulation liée au volume d'activité est calculée automatiquement par OPERAT à partir des indicateurs d'intensité d'usage. Les autres modulations exigent un dossier technique qui comprend :
Ce dossier intéresse de nombreux hôtels urbains. Une isolation par l'extérieur ou un changement de menuiseries peut en effet heurter les règles applicables aux monuments historiques, à leurs abords ou aux sites patrimoniaux remarquables. Service Public Entreprendre indique que les modulations doivent être déclarées sur OPERAT au plus tard le 30 septembre 2027 pour la décennie 2020.
À partir des données déclarées, OPERAT génère une attestation numérique annuelle. Elle présente les consommations ajustées du climat, les émissions de gaz à effet de serre et la position du bâtiment par rapport à ses objectifs. Elle est complétée par une notation Éco Énergie Tertiaire, qui mesure l'avancement de l'établissement.
L'arrêté du 1er août 2025, publié au Journal officiel du 6 septembre 2025, a standardisé cette attestation. Il avait aussi rendu son affichage facultatif jusqu'au 1er juillet 2026. Cette tolérance a pris fin.
Les consommations et les objectifs doivent désormais être publiés dans l'établissement, par un affichage visible ou tout autre moyen pertinent donnant un accès aisé à l'information. Le texte n'impose ni format ni emplacement.
La procédure est progressive.
À l'échelle d'un hôtel, le risque principal se mesure surtout dans la négociation avec un acquéreur.
L'article L174-1 prévoit qu'en cas de vente, l'évaluation du respect de l'obligation est annexée à titre d'information à la promesse ou au compromis. À défaut, elle est annexée à l'acte authentique. En cas de location, elle est annexée au bail. L'acquéreur dispose ainsi d'un document standardisé dès la signature de l'avant-contrat.
Dans un processus de cession, un acquéreur ou son conseil demandera généralement :
Aucune statistique publique ne mesure l'effet du décret tertiaire sur le prix des hôtels. Le mécanisme est pourtant simple. L'acquéreur évalue l'écart entre la consommation actuelle et l'objectif 2030, puis chiffre les travaux nécessaires pour le combler (chauffage, ventilation, eau chaude, gestion technique, enveloppe). Il intègre ensuite ce budget dans son offre, au même titre que les autres travaux de remise à niveau.
Un dossier incomplet produit le même effet qu'un dossier défavorable : l'acquéreur prend une marge de sécurité. Des déclarations à jour et un programme de travaux chiffré réduisent au contraire l'incertitude. Une évaluation sérieuse en tient compte, comme l'explique notre article sur l'estimation de la valeur d'un hôtel.
Vous envisagez de céder un hôtel de plus de 1 000 m² ? Parlons-en en toute confidentialité : nous faisons le point sur votre situation au regard du dispositif avant toute mise sur le marché.
Dans le cadre de nos missions de conseil hôtelier, AGUILA vérifie avec le propriétaire et l'exploitant :
Ces éléments rejoignent le dossier de vente décrit dans notre article préparer le dossier de vente d'un hôtel.
Non, sauf s'il fait partie d'un ensemble plus large. Le seuil s'apprécie en surface de plancher tertiaire cumulée dans un bâtiment mixte ou sur une même unité foncière. Un petit hôtel situé dans un immeuble qui accueille aussi des commerces ou des bureaux peut donc être concerné.
Les deux, chacun pour ce qui le concerne. Le propriétaire et le preneur à bail déclarent les consommations des locaux dont ils ont la charge. Ils définissent ensemble les actions de réduction, selon la répartition prévue par le bail.
Le 30 septembre de chaque année, pour les consommations de l'année précédente. Les consommations 2025 devaient être déclarées au plus tard le 30 septembre 2026, et celles de 2026 le seront au plus tard le 30 septembre 2027.
Après mise en demeure, le préfet peut prononcer une amende administrative d'au plus 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale. Il peut aussi publier les mises en demeure restées sans effet sur un site des services de l'État.
Non, il n'interdit pas la vente. En revanche, l'évaluation du respect de l'obligation doit être annexée à la promesse ou au compromis. L'acquéreur s'en sert pour chiffrer les travaux et peut ajuster son prix en conséquence.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et à jour au 7 novembre 2026. Il ne remplace ni un conseil juridique personnalisé ni une étude énergétique réalisée par un bureau d'études. AGUILA n'est ni un cabinet d'avocats ni un bureau d'études thermiques.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
Nous écrire