
Un hôtel ne s'estime pas comme un appartement. Son prix ne dépend pas d'abord d'un prix au mètre carré, mais du résultat que l'exploitation dégage, de sa durabilité et de ce que l'immeuble permet. Voici les indicateurs à maîtriser, les méthodes qui les utilisent, et les raisons pour lesquelles deux hôtels de même taille peuvent valoir des prix très différents.
En bref
Le fonds de commerce vaut ce que rapporte l'exploitation, une fois payé le loyer des murs. Sa valeur est donc liée à la qualité du bail.
Les murs loués à un exploitant valent ce que rapporte le loyer, au regard de sa solidité : niveau de loyer par rapport à ce que l'exploitation peut supporter, durée du bail, qualité du locataire, charges et travaux qui restent au propriétaire.
Les murs et le fonds réunis s'apprécient à partir du résultat de l'exploitation avant loyer, puisque le propriétaire et l'exploitant ne font qu'un. Lorsque l'on cède les titres de la société, on part de cette valeur d'entreprise et on retire l'endettement net pour obtenir la valeur des titres.
Mélanger ces trois logiques conduit à une erreur classique : un vendeur qui additionne un prix de murs calculé sur un loyer théorique et un prix de fonds calculé avant loyer compte deux fois la même chose.
Exemple purement arithmétique : un hôtel de 40 chambres ouvert toute l'année dispose de 14 600 chambres-nuits. S'il en vend 10 950, son taux d'occupation est de 75 %. Si son chiffre d'affaires hébergement est de 1 642 500 €, son prix moyen est de 150 € et son RevPAR de 112,50 €.
Le RevPAR permet de comparer des établissements de tailles différentes et de lire une stratégie : un même RevPAR peut venir d'une forte occupation à prix modéré ou d'une occupation plus faible à prix élevé, avec des coûts très différents.
Le GOP (gross operating profit) est le résultat de l'exploitation après les coûts des départements (hébergement, restauration, autres services) et les frais généraux non répartis (administration, commercial, énergie, entretien), mais avant les charges liées à la propriété et au financement : loyer, impôts fonciers, assurance de l'immeuble, redevances de gestion ou de franchise selon les cas. Il mesure la qualité de la gestion de l'hôtel, indépendamment de la façon dont il est détenu. La nomenclature comptable hôtelière internationale USALI, largement utilisée dans la profession, en fixe la présentation.
L'EBITDA (proche de l'excédent brut d'exploitation français) part du GOP et retire les charges qui restent dues par l'exploitant : loyer s'il est locataire, redevances, impôts, assurances. C'est un agrégat central pour les acquéreurs et les banques.
Il doit être retraité pour refléter une année normale : rémunération réelle du dirigeant ramenée à un niveau de marché, loyer d'une société liée ramené à une valeur locative de marché, éléments exceptionnels (sinistre, fermeture pour travaux) neutralisés.
On applique un multiple à un EBITDA retraité, ou un taux de rendement à un loyer pour des murs loués. La méthode est simple à lire, mais tout repose sur le choix du multiple ou du taux, qui dépend de l'emplacement, de la catégorie, du risque de l'exploitation et du marché du moment. Un multiple n'a de sens que s'il est tiré de transactions comparables et datées ; nous n'en publions pas de générique, car il induirait en erreur.
On projette sur une dizaine d'années les flux que l'hôtel dégagera, en intégrant les travaux à engager, puis on les actualise et l'on ajoute une valeur de sortie. C'est la méthode la plus utile pour un hôtel à repositionner ou à rénover, parce qu'elle oblige à chiffrer le plan d'affaires et les investissements, plutôt que de capitaliser une année passée.
On rapproche l'hôtel de cessions récentes d'établissements comparables, en prix total, en prix par chambre ou en multiple de résultat. Le guide de l'évaluation des entreprises publié par l'administration fiscale en juin 2026 fait de la comparaison avec des transactions récentes le point de départ pour une entreprise non cotée et admet des multiples propres au secteur, comme un raisonnement par chambre dans l'hôtellerie. La limite est connue : les prix des cessions hôtelières sont rarement publics, et deux hôtels ne sont jamais tout à fait comparables.
On estime ce que vaut l'immeuble indépendamment de son exploitation (valeur d'un autre usage, coût de reconstruction). Elle sert surtout de garde-fou : elle dit ce que vaut l'actif si l'exploitation hôtelière cessait, ou si elle était mal conduite.
En pratique, une estimation sérieuse croise plusieurs méthodes et explique les écarts, au lieu d'en retenir une seule.
Le prix par chambre est commode pour situer un dossier, mais il agrège des réalités incomparables : une chambre de 12 m² et une suite, un hôtel à rénover et un hôtel rénové l'an passé, un bail de dix ans et un bail qui expire dans deux ans. Deux hôtels au même prix par chambre peuvent avoir des EBITDA du simple au double. Utilisez-le pour vérifier une valeur, jamais pour la construire.
Un associé d'AGUILA analyse les comptes retraités, les indicateurs d'exploitation, le bail, l'état technique et le marché local, croise plusieurs méthodes et vous remet une estimation argumentée, avec ses hypothèses et ses limites écrites. Cette mission relève de notre conseil hôtelier et de notre valorisation immobilière ; elle est réalisée sur devis. Si vous envisagez une vente ou un achat, voir aussi nos guides pour vendre son hôtel et acheter un hôtel, et notre page transaction hôtelière.
Vous souhaitez connaître la valeur de votre hôtel ? Écrivez-nous : nous vous indiquerons les documents nécessaires et la forme que prendrait l'estimation.
En divisant le chiffre d'affaires hébergement par le nombre de chambres disponibles sur la période, ou en multipliant le taux d'occupation par le prix moyen.
Le GOP mesure le résultat de l'exploitation avant les charges liées à la propriété (loyer, impôts fonciers, assurance de l'immeuble) ; l'EBITDA retire en plus les charges restant à l'exploitant. Le GOP juge la gestion, l'EBITDA la rentabilité pour celui qui détient l'exploitation.
Non. Le multiple dépend de l'emplacement, de la catégorie, du bail, des travaux à prévoir et du marché du moment. Il doit être tiré de transactions comparables et datées, et expliqué.
C'est un repère de comparaison utile, mais insuffisant : il ignore le résultat, l'état de l'immeuble et le bail. On l'utilise pour vérifier une valeur, pas pour la fixer.
Oui si vous envisagez de les vendre séparément, ou si l'exploitation paie un loyer à une société liée. Dans ce cas, on fixe d'abord un loyer de marché, qui sert à la fois au calcul de la valeur des murs et du résultat du fonds, pour ne pas compter deux fois la même chose.
Consultées le 30 octobre 2026.
Les définitions du taux d'occupation, du prix moyen, du RevPAR, du GOP et de l'EBITDA sont celles d'usage dans la profession hôtelière (nomenclature USALI). Ce contenu est informatif et ne constitue pas une expertise en évaluation.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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