
Vendre un hôtel ne ressemble pas à la vente d'un appartement. On cède à la fois un immeuble, une exploitation, des équipes et une réputation, et chaque fuite d'information peut fragiliser l'ensemble. Voici comment se prépare et se déroule une cession, de la première décision à la signature.
En bref
C'est la première question, et elle conditionne tout le reste : le prix, les acquéreurs à approcher, les formalités et la fiscalité.
Le fonds réunit ce qui permet d'exploiter l'hôtel : la clientèle, le nom commercial ou l'enseigne, le droit au bail, le mobilier et le matériel, les contrats en cours. Le propriétaire des murs reste le même ; l'acquéreur devient locataire. La valeur du fonds dépend donc étroitement du bail commercial : sa durée restante, le loyer, la répartition des charges et des travaux, la destination autorisée.
Si l'hôtel est exploité par un locataire, vous vendez un immeuble loué. L'acquéreur achète un revenu : il regarde le loyer, sa capacité à être payé par l'exploitant et la durée du bail. Depuis la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026, en cas de vente des murs, l'obligation de restituer le dépôt de garantie au locataire passe au nouveau bailleur, pour les transferts intervenus à partir du 26 août 2026.
Lorsque l'immeuble et l'exploitation sont détenus par la même société, la cession porte souvent sur les titres de cette société. L'acquéreur reprend alors l'ensemble, y compris le passif : la négociation d'une garantie d'actif et de passif devient centrale.
Un acquéreur sérieux posera les mêmes questions que sa banque. Mieux vaut avoir les réponses avant la première visite.
Ce travail sert deux fois : il évite de découvrir un point bloquant pendant l'audit de l'acquéreur, et il vous permet de défendre votre prix avec des documents plutôt qu'avec des affirmations.
Le prix d'un hôtel se déduit de sa capacité à produire un résultat, puis se confronte aux transactions comparables. On croise en général une approche par le rendement, une approche par les flux futurs et une lecture par comparaison, dont le prix par chambre n'est qu'un repère. Nous détaillons ces méthodes et les indicateurs qui les alimentent dans notre article sur l'estimation de la valeur d'un hôtel.
Retenez ici une règle simple : un prix de présentation trop élevé allonge le processus et use le dossier, car les acquéreurs se connaissent et les hôtels qui restent longtemps sur le marché se repèrent.
La première diffusion se fait par une fiche anonyme : localisation large, nombre de chambres, catégorie, ordre de grandeur du chiffre d'affaires. Les informations nominatives et financières détaillées ne sont transmises qu'aux acquéreurs qui ont signé un accord de confidentialité.
Investisseurs, groupes hôteliers, exploitants indépendants, family offices : chaque profil cherche autre chose (un rendement immobilier, un emplacement, une exploitation à reprendre). Il faut vérifier la capacité de financement avant d'ouvrir les comptes et l'accès aux équipes.
Les offres prennent la forme de lettres d'intention, qui fixent un prix, des conditions et un calendrier. L'acquéreur retenu mène ensuite ses audits (financier, juridique, social, technique), avant la signature d'un protocole ou d'une promesse puis de l'acte définitif.
Dans les petites entreprises, les salariés doivent être informés de la vente du fonds ou de la cession de la majorité du capital, pour pouvoir présenter une offre. La loi du 26 mai 2026 a modifié cette procédure pour les ventes conclues après le 27 juillet 2026 : elle ne vise plus que les entreprises de moins de 50 salariés, l'information doit intervenir au moins un mois avant la vente (contre deux auparavant), et l'amende en cas de manquement est ramenée à 0,5 % du prix. Les entreprises de 50 à 250 salariés dotées d'un CSE informent et consultent celui-ci.
Si l'hôtel se situe dans un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité, le vendeur doit adresser une déclaration de cession à la mairie. La commune dispose de deux mois pour préempter ; à défaut de déclaration, la vente peut être annulée.
La cession d'un fonds de commerce est soumise à des droits d'enregistrement calculés sur le prix : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 € à 200 000 €, 5 % au-delà. Pour une cession de titres, le taux est de 0,1 % pour des actions, de 3 % pour des parts sociales (après un abattement), et de 5 % pour des titres de sociétés à prépondérance immobilière. Sauf clause contraire, ces droits sont supportés par l'acquéreur.
L'acquéreur publie la cession au BODACC dans les quinze jours de l'acte. Les créanciers du vendeur ont ensuite dix jours à compter de cette publication pour faire opposition ; une opposition rend le prix indisponible, d'où l'usage de confier le prix à un séquestre.
Il n'existe pas de durée type, et il faut se méfier de qui en promet une. Le calendrier dépend de la qualité du dossier, de l'adéquation entre le prix et le marché, du financement de l'acquéreur et de la profondeur de ses audits.
Certains délais sont en revanche fixés par la loi et doivent être intégrés dès le départ :
Le vendeur est surtout concerné par l'imposition de sa plus-value. Son régime dépend de la façon dont l'hôtel est détenu (en direct, par une société à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu), de la durée de détention et de la situation du dirigeant, certains dispositifs d'exonération existant notamment en cas de départ à la retraite. C'est un sujet à traiter avec votre expert-comptable et votre avocat fiscaliste avant de fixer le prix net que vous attendez, et non après la signature.
Une cession hôtelière mobilise des compétences rarement réunies dans une même personne : lecture de l'exploitation, valorisation, connaissance des acquéreurs, coordination du notaire, de l'avocat et de l'expert-comptable. L'intermédiaire doit par ailleurs détenir une carte professionnelle couvrant les transactions sur fonds de commerce.
AGUILA est titulaire de la carte « Transactions sur immeubles et fonds de commerce » (CPI 7501 2025 000 000 104, CCI Paris Île-de-France). Pour une transaction hôtelière, un associé suit le dossier de la préparation à la signature, sous accord de confidentialité. Les honoraires sont fixés dans le mandat avant tout engagement ; notre barème est publié sur la page honoraires. En amont d'une vente, un conseil hôtelier (repositionnement, travaux, distribution) peut aussi être utile pour présenter l'actif sous son meilleur jour ; il est réalisé sur devis.
Vous envisagez de céder votre hôtel ? Parlons-en en toute confidentialité : nous vous dirons ce que votre dossier montre déjà, et ce qu'il faut préparer avant d'approcher les acquéreurs.
Cela dépend de vos objectifs et des acquéreurs visés. Une vente groupée intéresse les acquéreurs qui veulent maîtriser l'immeuble et l'exploitation ; une vente séparée permet de toucher, d'un côté, des investisseurs en murs et, de l'autre, des exploitants. Le choix se fait après une analyse du bail, de la fiscalité et du marché.
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, oui : depuis le 27 juillet 2026, ils doivent être informés au moins un mois avant la vente du fonds ou de la majorité du capital. Les entreprises de 50 à 250 salariés dotées d'un CSE l'informent et le consultent.
Sauf clause contraire, l'acquéreur. Ils sont de 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % jusqu'à 200 000 € et 5 % au-delà.
Le prix est en général confié à un séquestre jusqu'à l'expiration du délai d'opposition des créanciers, qui est de dix jours après la publication au BODACC, elle-même faite dans les quinze jours de l'acte.
En diffusant d'abord une fiche anonyme, en vérifiant la capacité financière des acquéreurs et en exigeant la signature d'un accord de confidentialité avant toute transmission de comptes ou de nom.
Consultées le 30 octobre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. AGUILA n'est ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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