
Lorsqu'un hôtelier vend, l'impôt sur sa plus-value dépend de trois choses : ce qu'il vend (le fonds, les murs ou les titres de sa société), la façon dont il le détient, et sa situation personnelle, en particulier un départ à la retraite. Selon les cas, la plus-value peut être exonérée en tout ou partie (articles 238 quindecies, 151 septies et 151 septies A du CGI), bénéficier d'un abattement fixe de 500 000 € (article 150-0 D ter), ou être taxée à 31,4 % depuis la hausse de la CSG au 1er janvier 2026. Voici les règles en vigueur au 7 novembre 2026, et ce qu'elles impliquent pour préparer une vente.
En bref
Trois situations reviennent le plus souvent dans l'hôtellerie indépendante :
Une même vente peut combiner plusieurs régimes, par exemple la cession du fonds par une société et celle des murs par une SCI familiale. Le prix total se répartit alors entre des objets taxés différemment, et cette répartition doit être justifiée.
La plus-value réalisée lors de la cession d'une entreprise individuelle est exonérée :
Exemple purement arithmétique : un fonds cédé 650 000 € ouvre droit à une exonération de (1 000 000 − 650 000) / 500 000 = 70 % de la plus-value. Les 30 % restants sont imposés selon le droit commun.
Les conditions principales : avoir exercé l'activité pendant au moins cinq ans, et, en cas de vente, ne pas diriger l'entreprise acquéreuse ni y détenir plus de 50 % des droits de vote ou des bénéfices, y compris dans les trois ans qui suivent. Le dispositif peut aussi s'appliquer à un fonds mis en location-gérance, s'il est cédé au locataire-gérant, ou à un tiers si le contrat le permet, et si l'activité avait été exercée au moins cinq ans avant la mise en location-gérance. Il n'a pas de date limite.
Deux points à retenir pour un hôtel. Les plus-values sur les murs sont exclues de l'exonération et le prix des murs n'entre pas dans le calcul du seuil. Et la valeur retenue pour le fonds détermine directement le taux d'exonération : une évaluation documentée n'est pas une formalité.
Pour un petit hôtel, un autre régime peut être plus favorable, car il ne dépend pas du prix de vente mais du chiffre d'affaires. L'hôtellerie relève de la catégorie des entreprises dont le commerce principal est de fournir le logement. La plus-value est exonérée :
L'activité doit avoir été exercée à titre professionnel pendant au moins cinq ans. Ce régime vise les entreprises soumises à l'impôt sur le revenu (entreprises individuelles et sociétés de personnes). Il ne se cumule pas avec l'article 238 quindecies : il faut choisir le plus avantageux.
Si vous vendez votre entreprise individuelle pour partir à la retraite, la plus-value peut être exonérée d'impôt sur le revenu, à condition notamment :
Les prélèvements sociaux restent dus, et les biens immobiliers sont exclus. Ce régime se cumule avec l'article 238 quindecies et avec l'abattement sur les murs décrit ci-dessous.
Lorsque l'immeuble de l'hôtel figure au bilan de l'entreprise individuelle, la plus-value à long terme qu'il dégage bénéficie d'un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième : elle n'est plus imposée après quinze ans. La part à court terme, qui correspond aux amortissements déduits, reste imposable.
Une plus-value professionnelle à long terme est imposée à 12,8 %, plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %. La part à court terme est ajoutée au revenu imposable au barème progressif, avec 18,6 % de prélèvements sociaux, et peut être étalée sur trois ans.
Le gain réalisé sur la vente de titres d'une SAS ou d'une SARL à l'impôt sur les sociétés est soumis au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (30 % auparavant). Le contribuable peut opter, pour l'ensemble de ses revenus du capital de l'année, pour le barème progressif.
Un dirigeant qui vend sa société pour partir à la retraite peut déduire un abattement fixe de 500 000 € de son gain imposable à l'impôt sur le revenu. Les conditions principales :
Le dispositif s'applique aux cessions réalisées jusqu'au 31 décembre 2031. Les prélèvements sociaux sont calculés sur le gain avant abattement. La loi de finances pour 2026 a ouvert le dispositif, sous conditions, aux holdings dont l'objet exclusif est de détenir des participations dans des sociétés opérationnelles.
Si les murs sont détenus par vous-même ou par une SCI soumise à l'impôt sur le revenu, la plus-value relève du régime des particuliers : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, ce taux n'ayant pas été relevé en 2026 pour les plus-values immobilières.
Des abattements pour durée de détention s'appliquent à partir de la sixième année. La plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et de prélèvements sociaux après 30 ans. Une taxe supplémentaire de 2 % à 6 % s'ajoute lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €.
Attention au cas d'une SCI qui exploite elle-même l'hôtel ou qui loue en meublé : elle risque d'être soumise à l'impôt sur les sociétés, et de sortir de ce régime. Le statut fiscal de la structure doit être vérifié avant de chiffrer quoi que ce soit.
La fiscalité d'une cession se prépare des mois, parfois des années, avant la signature. Plusieurs décisions la conditionnent :
Ces arbitrages relèvent de votre expert-comptable et de votre avocat fiscaliste. AGUILA intervient en amont et à leurs côtés : estimation de la valeur de l'hôtel, répartition argumentée entre murs et fonds, choix du calendrier de mise en vente et recherche d'acquéreurs, dans le cadre de notre accompagnement en transaction hôtelière. Pour les étapes de la cession elle-même, voir notre guide pour vendre son hôtel, et notre analyse du marché hôtelier parisien en 2026.
Vous envisagez de céder votre hôtel dans les prochaines années ? Parlons-en en toute confidentialité : nous vous aiderons à établir une valeur défendable et un calendrier compatible avec vos objectifs.
C'est possible pour un entrepreneur individuel qui cède un fonds d'une valeur inférieure à 500 000 € (article 238 quindecies) ou dont les recettes ne dépassent pas 250 000 € HT (article 151 septies), après cinq ans d'activité. En cas de départ à la retraite, l'impôt sur le revenu peut aussi être effacé. Les prélèvements sociaux, eux, restent souvent dus.
Le premier exonère selon la valeur des éléments cédés (jusqu'à 1 000 000 €), le second selon les recettes de l'entreprise (jusqu'à 350 000 € HT pour l'hôtellerie). Ils ne se cumulent pas : on applique le plus favorable.
Non. L'abattement de l'article 150-0 D ter réduit l'assiette de l'impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux, de 18,6 % en 2026, sont calculés sur le gain avant abattement.
Non. Les plus-values sur les biens immobiliers sont exclues des articles 238 quindecies et 151 septies A. Les murs inscrits à l'actif bénéficient d'un abattement propre (article 151 septies B) ; détenus en direct ou par une SCI à l'impôt sur le revenu, ils relèvent du régime des particuliers.
31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, depuis la hausse de la CSG prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Consultées entre le 5 et le 7 novembre 2026.
Règles en vigueur au 7 novembre 2026, sous réserve des lois de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2027. Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé. AGUILA n'est ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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