Hôtellerie

Vendre un hôtel à Paris en 2026 : marché, acquéreurs et prix par chambre

Investissements, acquéreurs, prix par chambre, rendements et points de vigilance : le marché hôtelier parisien en 2026 vu par un propriétaire vendeur.

Paul Geoffroy
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07/11/2026

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Couverture AGUILA : vendre un hôtel à Paris en 2026, le marché vu du vendeur

Le marché de l'investissement hôtelier reste actif à Paris en 2026, mais il est plus sélectif qu'il n'y paraît. Le Grand Paris a enregistré environ 845 M€ de transactions hôtelières au premier semestre 2026, en hausse de 38 % sur un an, alors que le nombre d'hôtels vendus a reculé de 31 à 21 : une seule vente explique l'essentiel de la hausse. Les performances parisiennes sont élevées, le prix moyen par chambre se maintient autour de 290 000 € hors transaction exceptionnelle, mais la remontée des taux de la BCE et le recul des réservations depuis la mi-octobre changent la donne pour les acquéreurs. Voici ce qu'un propriétaire doit savoir avant de mettre son hôtel en vente.

En bref

  • 2025 a été une année record : environ 3,1 Md€ investis dans l'hôtellerie en France, dont plus de la moitié en Île-de-France.
  • Au premier semestre 2026, les montants progressent mais le nombre de transactions baisse dans le Grand Paris.
  • Les acquéreurs sont surtout français : investisseurs privés, family offices, fonds et opérateurs.
  • Prix moyen par chambre observé dans le Grand Paris au premier semestre 2026 : 291 000 € hors vente exceptionnelle ; taux de rendement des meilleurs actifs parisiens : 4,75 % à 5,25 %.
  • Points d'attention pour 2026 : coût du crédit en hausse, réservations parisiennes en recul depuis le 17 octobre, obligations énergétiques, taxe de séjour.

Combien d'hôtels se vendent à Paris ?

En 2025, l'investissement hôtelier a atteint environ 3,1 Md€ en France selon CBRE, un record. L'Île-de-France en a capté plus de la moitié : 1,6 à 1,9 Md€ selon les cabinets, qui ne retiennent pas tous le même périmètre. Cushman & Wakefield compte 75 hôtels et environ 6 000 chambres vendus dans le Grand Paris sur l'année.

Le premier semestre 2026 prolonge la tendance en montants : environ 1,3 Md€ en France (+42 % selon BNP Paribas Real Estate) et 845 M€ dans le Grand Paris (+38 % selon Cushman & Wakefield). Le détail est moins favorable. Le nombre d'hôtels vendus dans le Grand Paris est passé de 31 à 21, et la hausse tient presque entièrement à la vente du Pullman Paris Tour Eiffel, plus de 400 M€ pour environ 430 chambres. Hors cette opération, le marché parisien a été moins actif qu'un an plus tôt.

Pour un vendeur, la conclusion est simple : les capitaux disponibles sont importants, mais ils se concentrent sur un nombre plus restreint de dossiers. Un hôtel bien préparé trouve preneur ; un dossier incomplet ou mal positionné attend.

Qui achète des hôtels à Paris en 2026 ?

Au premier semestre 2026, dans le Grand Paris, les acquéreurs se partagent presque à égalité entre investisseurs institutionnels (48 % des montants) et investisseurs privés (47 %), dont la part a doublé sur un an. Les vendeurs sont majoritairement privés (60 %). Selon BNP Paribas Real Estate, plus de neuf investisseurs sur dix sur le marché hôtelier français sont français.

Christie & Co cite comme acquéreurs les plus actifs les opérateurs hôteliers, les investisseurs privés, les family offices et les fonds de capital-investissement. Les investisseurs institutionnels qui n'achètent que des murs, et en particulier les foncières, restent plus prudents en raison du niveau des rendements.

Chaque profil cherche autre chose : un emplacement et une exploitation à reprendre pour un opérateur, un revenu sécurisé pour un investisseur en murs, un potentiel de repositionnement pour un fonds. Identifier les bons acquéreurs pour un hôtel donné fait partie de la préparation de la vente.

À quel prix se vendent les hôtels parisiens ?

Il n'existe pas de prix de marché unique, mais quelques repères publiés :

  • Prix moyen par chambre dans le Grand Paris au premier semestre 2026 : 291 000 € hors Pullman Paris Tour Eiffel, stable par rapport au premier semestre 2025 (Cushman & Wakefield). Le quart des transactions les moins chères se situe autour de 216 000 € par chambre, le quart le plus cher autour de 613 000 €.
  • Taux de rendement des meilleurs actifs parisiens (murs) : 4,75 % à 5,25 %, stable depuis fin 2025.
  • Ventes publiques de 2025 : d'environ 210 000 € par chambre pour certains hôtels de plus de 250 chambres à plus de 1 M€ par chambre pour de petits établissements 5 étoiles, selon les cessions publiées par Christie & Co.

Ces chiffres situent un dossier, ils ne le valorisent pas. Deux hôtels de même taille peuvent valoir du simple au double selon leur résultat, leur bail, leur état et leur emplacement. Nous expliquons les méthodes dans notre article sur l'estimation de la valeur d'un hôtel.

Ce qui soutient la valeur des hôtels parisiens

Les performances d'exploitation restent élevées. En 2025, les hôtels de Paris intra-muros ont affiché un taux d'occupation d'environ 81 %, le plus haut depuis 2010, pour un RevPAR de 180 € à 195 € selon les sources. La fréquentation hôtelière francilienne a progressé de 7,1 % sur l'année selon l'Insee, portée par les établissements 4 et 5 étoiles.

En 2026, le RevPAR parisien progresse encore d'environ 3 % sur les huit premiers mois (MKG), avec un mois de septembre très fort. Le recul des meublés touristiques à Paris, après la limitation de la location des résidences principales à 90 jours par an, peut aussi réduire une partie de la concurrence faite à l'hôtellerie.

Ce qui pèse sur les acquéreurs en 2026

  • Le coût du financement. La BCE a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 16 septembre 2026, puis les a maintenus le 29 octobre en soulignant le durcissement des conditions de financement. Un acquéreur qui emprunte paie plus cher, ce qui pèse sur le prix qu'il peut proposer.
  • Le recul récent des réservations. Depuis les violences du 17 octobre 2026, MKG observe des réservations parisiennes inférieures à leur niveau de 2025 sur les six semaines suivantes, et un panel de 35 hôtels du GHR fait état d'une baisse marquée des réservations pour l'hiver. C'est un signal à suivre, pas encore une tendance établie, mais les acquéreurs le regardent.
  • Les obligations énergétiques. Les hôtels de plus de 1 000 m² sont soumis au dispositif Éco Énergie Tertiaire : réduction de la consommation de 40 % en 2030 par rapport à une année de référence, et déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT. Un acquéreur chiffrera les travaux nécessaires et les déduira de son offre.
  • La taxe de séjour. À Paris, elle atteint en 2026 8,45 € par adulte et par nuit dans un 4 étoiles et 11,70 € dans un 5 étoiles. Elle est payée par le client, mais pèse sur la compétitivité des prix.
  • La périphérie. Hors Paris, l'Île-de-France absorbe encore les chambres ouvertes avant les Jeux olympiques : le RevPAR y a reculé d'environ 9 % en 2025 selon In Extenso. Les acquéreurs y sont plus exigeants.

Faut-il vendre son hôtel maintenant ?

Personne ne peut le dire de façon générale. Quelques critères aident à décider :

  • Vos résultats récents. Un acquéreur valorise les comptes des derniers exercices. Si 2025 et 2026 sont vos meilleures années, elles soutiennent votre prix.
  • Les travaux à venir. Un hôtel qui devra engager une rénovation lourde ou des travaux énergétiques sera décoté. Les engager avant la vente, ou les chiffrer précisément, évite une négociation subie.
  • Votre bail. Si vous ne vendez que le fonds, la durée restante du bail pèse directement sur la valeur.
  • Votre calendrier personnel et fiscal. Les dispositifs d'exonération liés au départ à la retraite imposent des délais précis. Voir notre article sur la fiscalité de la vente d'un hôtel.
  • Le financement des acquéreurs. Des taux plus élevés réduisent le nombre d'acheteurs capables de suivre. Un dossier prêt permet de saisir les fenêtres favorables.

Combien de temps prend la vente d'un hôtel à Paris ?

Aucune source neutre ne publie de durée type. Les intermédiaires du secteur avancent des fourchettes allant de quelques mois pour une vente discrète bien préparée à plus d'un an pour un dossier diffusé largement ou mal positionné en prix. Certains délais légaux sont en revanche incompressibles : information des salariés, droit de préemption de la commune le cas échéant, publication de la vente et délai d'opposition des créanciers. Nous les détaillons dans notre guide pour vendre son hôtel.

Comment AGUILA accompagne la vente d'un hôtel

AGUILA est titulaire de la carte « Transactions sur immeubles et fonds de commerce » (CPI 7501 2025 000 000 104, CCI Paris Île-de-France). Un associé analyse votre exploitation, vos comptes, votre bail et l'immeuble, établit une valeur argumentée, prépare le dossier et approche des acquéreurs sélectionnés, sous accord de confidentialité. Voir notre accompagnement en transaction hôtelière et, si l'hôtel doit être repositionné avant la vente, notre conseil hôtelier.

Vous vous demandez ce que vaut votre hôtel aujourd'hui ? Écrivez-nous en toute confidentialité : nous vous dirons comment les acquéreurs actuels liront votre dossier.

Questions fréquentes

Combien vaut une chambre d'hôtel à Paris ?

Au premier semestre 2026, le prix moyen par chambre des transactions du Grand Paris était de 291 000 €, hors vente exceptionnelle, avec des écarts de 216 000 € à plus de 600 000 € selon les opérations, et plus de 1 M€ pour certains petits 5 étoiles. Ce repère ne remplace pas une évaluation fondée sur le résultat de l'hôtel.

Le marché hôtelier parisien est-il en hausse en 2026 ?

Les montants investis progressent (845 M€ dans le Grand Paris au premier semestre, +38 %), mais le nombre de transactions recule (21 hôtels contre 31), et une seule vente explique l'essentiel de la hausse.

Qui achète des hôtels à Paris ?

Des investisseurs majoritairement français : investisseurs privés et family offices, fonds, investisseurs institutionnels et opérateurs hôteliers.

Quel rendement attendent les investisseurs pour les murs d'un hôtel parisien ?

Pour les meilleurs actifs, de 4,75 % à 5,25 % selon Cushman & Wakefield au premier semestre 2026. Les actifs moins bien placés ou à rénover exigent des rendements plus élevés.

La hausse des taux de 2026 fait-elle baisser le prix des hôtels ?

Elle renchérit le crédit des acquéreurs et peut peser sur les offres, en particulier pour les acheteurs qui empruntent beaucoup. Les prix publiés au premier semestre 2026 étaient encore stables ; l'effet du relèvement de septembre n'est pas encore mesuré.

Sources

Consultées entre le 5 et le 7 novembre 2026.

Les chiffres cités proviennent d'études de cabinets et de sources publiques, avec des périmètres parfois différents ; les prix par chambre sont des moyennes de transactions et ne valent pas évaluation. Ce contenu est informatif.

Une question sur votre situation ?

Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.

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