
La plus-value réalisée sur la vente de sa résidence principale est totalement exonérée d'impôt. Une personne qui entre en maison de retraite ou en EHPAD garde ce droit pour son ancien logement s'il est vendu dans les deux ans suivant l'entrée dans l'établissement, s'il n'a pas été occupé entre-temps (sauf par le conjoint) et si ses revenus ne dépassent pas un plafond : pour une vente en 2026, revenu fiscal de référence 2024 de 30 024 € pour une part (article 150 U, II, 1° ter du code général des impôts). Au-delà, seuls les retraités aux revenus modestes restent exonérés, sous un plafond de 12 793 € pour une part.
En bref
Non. L'article 150 U, II, 1° du CGI exonère totalement la plus-value, c'est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d'achat majoré des frais et travaux, réalisée sur la résidence principale et ses dépendances vendues en même temps. Deux conditions :
Si le parent vend avant d'entrer en établissement, ou si son conjoint y vit jusqu'à la vente, cette exonération suffit. La difficulté naît quand le logement reste vide et que la vente prend du temps.
L'exonération du 1° ter de l'article 150 U, II, créée par la loi de finances rectificative du 28 décembre 2011, suppose de réunir toutes les conditions suivantes.
Le vendeur doit résider dans un établissement pour personnes âgées ou adultes handicapés visé à l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles : EHPAD, logement-foyer, petite unité de vie, foyer d'accueil médicalisé, maison d'accueil spécialisée. Le logement vendu doit avoir été sa résidence principale avant l'entrée.
Le délai court à partir de l'entrée, si la résidence en établissement est continue. C'est la date de l'acte authentique qui compte, pas celle de la promesse : un compromis signé à 22 mois avec un acte à 25 mois ne permet pas l'exonération.
Depuis le départ, le logement ne doit être ni loué, ni prêté gratuitement à un tiers, même pour une courte période. Seuls peuvent continuer à l'occuper le conjoint, le concubin ou les personnes à charge qui y vivaient déjà au moment du départ.
Les conditions s'apprécient l'avant-dernière année avant la vente (revenus 2024 pour une vente en 2026). Le vendeur ne doit pas avoir été redevable de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) cette année-là. Son revenu fiscal de référence, qui figure sur l'avis d'imposition, ne doit pas dépasser la limite du II de l'article 1417 du CGI : 30 024 € pour la première part de quotient familial, majorés de 7 015 € pour la première demi-part supplémentaire et de 5 522 € pour chaque demi-part suivante, selon Service Public (montants applicables en métropole).
Aucune déclaration de plus-value n'est déposée : l'acte indique le fondement de l'exonération, que le notaire vérifie sur justificatifs (attestation de l'établissement, avis d'imposition).
L'article 150 U, III du CGI prévoit une seconde exonération, qui ne dépend ni du type de bien ni d'un délai. Elle concerne les titulaires d'une pension de vieillesse et les personnes invalides, qui, l'avant-dernière année avant la vente :
Elle peut jouer après le délai de deux ans, ou si le logement a été loué, mais son plafond est nettement plus bas.
La plus-value est taxée comme celle d'une résidence secondaire : 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, après abattements pour durée de détention (exonération totale après 22 ans pour l'impôt, 30 ans pour les prélèvements). Le calcul détaillé figure dans notre article sur le calcul de la plus-value d'une résidence secondaire.
Exemple purement arithmétique. Un appartement acheté 300 000 € en mars 2010 est vendu 600 000 € en juin 2026, plus de deux ans après l'entrée de son propriétaire en EHPAD. Le vendeur retient les forfaits de 7,5 % pour les frais d'achat et de 15 % pour les travaux.
Signée dans les deux ans, conditions de revenus remplies, la même vente n'aurait rien coûté. Ce montant représente plus d'un an de séjour au prix moyen d'une chambre non habilitée à l'aide sociale (3 128 € par mois en 2024 selon la CNSA, soit 37 536 € par an).
Garder le logement et le louer a plusieurs effets :
Pour une personne sous tutelle, sous curatelle ou en habilitation familiale, louer le logement comme le vendre exige l'autorisation du juge des tutelles (article 426 du code civil).
L'aide sociale à l'hébergement (ASH) est versée par le département pour payer tout ou partie des frais d'hébergement d'une personne âgée de plus de 65 ans dont les revenus sont insuffisants, dans un établissement habilité. La personne reverse en principe 90 % de ses revenus et conserve au moins 10 %, sans descendre sous 125 € par mois. Les enfants, gendres et belles-filles, appelés obligés alimentaires, peuvent être sollicités ; les petits-enfants en sont dispensés.
L'ASH est une avance. Le département peut la récupérer :
Pour garantir ces recours, les immeubles du bénéficiaire peuvent être grevés d'une hypothèque légale (article L. 132-9 du code de l'action sociale et des familles), sauf si ses biens valent moins qu'un seuil réglementaire. Un logement conservé sert donc souvent, au décès, à rembourser l'aide, et le donner aux enfants juste avant la demande n'empêche pas la récupération. Les modalités relèvent du règlement d'aide sociale de chaque département.
Selon la CNSA, une chambre seule en hébergement permanent coûtait en moyenne 2 164 € par mois en 2024 dans les places habilitées à l'aide sociale, et 3 128 € dans les autres. À Paris, le prix des places non habilitées peut dépasser 5 100 € par mois. Ces montants incluent l'hébergement et le tarif dépendance le plus bas.
Le prix de vente d'un appartement parisien permet souvent de choisir son établissement sans dépendre de l'aide sociale. À savoir :
Pour une personne qui reste chez elle, le viager est une autre façon de tirer un revenu du logement : voir notre article sur le viager à Paris.
L'article 426 du code civil impose de conserver le logement de la personne protégée aussi longtemps que possible. Sa vente ou sa location doit être autorisée par le juge des tutelles ou le conseil de famille, avec l'avis préalable d'un médecin extérieur à l'établissement si elle vise l'entrée en EHPAD. En tutelle, l'article 505 exige en outre une expertise ou l'avis d'au moins deux professionnels qualifiés sur la valeur de l'immeuble. Ces démarches prennent du temps : il faut les lancer tôt pour tenir le délai de deux ans.
Vous devez vendre le logement d'un parent qui entre en EHPAD ? Parlons-en en toute confidentialité : nous vous aidons à fixer un prix réaliste et à organiser la vente dans le délai fiscal.
AGUILA réalise des estimations d'appartements à Paris fondées sur les ventes comparables du quartier, utilisables comme avis de valeur argumenté, puis accompagne la vente de l'appartement jusqu'à l'acte, en lien avec le notaire, le tuteur ou les enfants. Si la famille préfère louer, nous proposons aussi la gestion locative à Paris. Les conditions d'exonération et les actes relèvent du notaire.
Non, si la vente est signée moins de deux ans après l'entrée, si le logement n'a pas été occupé depuis (sauf par le conjoint ou les personnes à charge) et si le parent n'était pas redevable de l'IFI et respectait le plafond de revenus l'avant-dernière année. Sinon, la plus-value est taxée après abattements pour durée de détention.
Pour une vente en 2026, le revenu fiscal de référence 2024 ne doit pas dépasser 30 024 € pour une part, plus 7 015 € pour la première demi-part supplémentaire et 5 522 € par demi-part suivante, selon Service Public. Les montants diffèrent dans certains départements d'outre-mer.
Un retraité dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas 12 793 € pour une part (plus 3 428 € par demi-part) et qui n'était pas redevable de l'IFI est exonéré, quel que soit le bien vendu. Ce sont les montants applicables aux ventes de 2026.
Oui, mais la location fait perdre l'exonération propre aux personnes en EHPAD, même pour une courte durée. Seules restent possibles l'exonération des retraités modestes ou l'exonération liée à une longue durée de détention.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur au 7 novembre 2026. Chaque situation familiale est différente : le notaire est l'interlocuteur pour vérifier les conditions d'exonération et rédiger l'acte, le département pour l'aide sociale. AGUILA n'est ni un office notarial, ni un cabinet d'avocats, ni un expert-comptable.
Chaque dossier a ses contraintes propres. Exposez-nous la vôtre : nous vous dirons ce qui est réellement praticable, et ce qui ne l'est pas.
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