
À Paris, le loyer de base d'un bail d'habitation signé ou renouvelé jusqu'au 24 novembre 2026 ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par l'arrêté préfectoral du 12 juin 2026, applicable depuis le 1er juillet 2026. Au 7 novembre 2026, la prolongation du dispositif jusqu'en novembre 2028 a été votée par le Sénat le 21 octobre, puis adoptée sans modification par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale le 4 novembre. Le vote en séance publique est prévu le 18 novembre 2026 : la prolongation n'est donc pas encore définitive.
En bref
Pas forcément, mais rien n'est acquis. L'article 140 de la loi ELAN a créé un encadrement expérimental du niveau des loyers. Prolongé une première fois en 2022, il fixe aujourd'hui une durée de huit ans à compter de la publication de la loi, soit jusqu'au 24 novembre 2026.
La proposition de loi « pour retrouver la confiance et l'équilibre dans les rapports locatifs » a suivi les étapes suivantes :
Un vote conforme en séance rendrait le texte définitif ; il devrait encore être promulgué et publié avant le 24 novembre. La version du Sénat prévoit aussi :
Si la loi n'entre pas en vigueur à temps, les baux signés après le 24 novembre 2026 ne seront plus soumis au plafond parisien. Un autre mécanisme continuera toutefois de s'appliquer : celui qui encadre l'évolution des loyers à la relocation en zone tendue. Le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 l'a reconduit pour les contrats conclus ou renouvelés du 1er août 2026 au 31 juillet 2027.
Le nouveau loyer ne peut alors pas dépasser le dernier loyer du précédent locataire, révisé selon l'IRL, sauf exceptions (travaux importants, loyer manifestement sous-évalué).
Chaque année, un arrêté préfectoral fixe trois valeurs en euros par mètre carré habitable et par mois, pour chaque secteur et catégorie de logement. Celui du 12 juin 2026 s'applique du 1er juillet au 24 novembre 2026, dans l'attente d'un texte de prolongation, précise la Ville de Paris.
Les catégories combinent le caractère vide ou meublé, le nombre de pièces (1, 2, 3, 4 et plus) et l'époque de construction (avant 1946, 1946-1970, 1971-1990, après 1990). Chaque secteur géographique regroupe plusieurs quartiers administratifs.
Exemple de calcul. Prenons un deux-pièces de 40 m² rue du Mail (quartier Mail, secteur 4), dans un immeuble construit avant 1946. Pour cette catégorie, l'arrêté du 12 juin 2026 fixe :
Loué vide, le logement a donc un loyer de base plafonné à 37,3 × 40 = 1 492 € par mois, hors charges. Le loyer minoré correspond à 21,8 × 40 = 872 € par mois.
Les meublés sont encadrés de la même façon. L'arrêté applique au loyer de référence une majoration unitaire par mètre carré, qui varie selon le secteur et la catégorie. Pour un deux-pièces du secteur 4 construit avant 1946, elle est de 4,4 €/m². Le loyer de référence meublé atteint donc 35,5 €/m², et le loyer de référence majoré 42,6 €/m².
Pour le logement de l'exemple, le plafond meublé est de 42,6 × 40 = 1 704 € par mois. Les règles du bail meublé sont détaillées dans notre article sur la location meublée à Paris.
Le bailleur peut ajouter un complément au loyer de base, à trois conditions cumulatives :
Pour les baux signés depuis le 18 août 2022, le complément est interdit si le logement présente au moins un des défauts suivants :
Le complément et sa justification figurent dans le bail et l'annonce. Aujourd'hui, le locataire peut contester le complément devant la commission départementale de conciliation dans les trois mois suivant la signature du bail. C'est au bailleur de prouver que le complément est justifié. Le texte en cours d'adoption porterait ce délai à un an.
Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus augmenter, pour les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits à partir de cette date. Le gel vaut au changement de locataire, au renouvellement et lors de la révision annuelle. Il s'ajoute à l'encadrement parisien.
Le calendrier de la loi Climat et résilience s'applique aussi :
Le bail d'un logement parisien doit notamment indiquer :
L'annonce doit afficher le loyer de référence majoré et le complément éventuel avec sa justification. Les autres obligations du bailleur (diagnostics, décence, dépôt de garantie) sont rassemblées dans notre article sur les obligations du bailleur à Paris en 2026.
À Paris, la Ville instruit les signalements des locataires. Sans mise en conformité du bail ni remboursement du trop-perçu, elle peut prononcer une amende :
Elle ne dispense ni de régulariser le bail ni de rembourser le locataire. Le locataire dispose aussi de recours civils. Il peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection. Si le bail ne mentionne pas le loyer de référence majoré, il a un mois après la prise d'effet du bail pour mettre le bailleur en demeure.
Aujourd'hui, l'action en diminution du loyer relève de la prescription de trois ans applicable aux actions nées du bail (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Le texte voté par le Sénat la ramènerait à un an.
Vous mettez un logement en location à Paris et voulez fixer un loyer conforme ? Parlons-en en toute confidentialité : nous vérifions avec vous le plafond applicable et les mentions du bail avant de publier l'annonce.
AGUILA est titulaire de la carte professionnelle de gestion immobilière. Dans le cadre de la gestion locative à Paris, nous établissons le loyer à partir de l'arrêté en vigueur à la date de signature. Nous rédigeons le bail et suivons révisions et renouvellements. Pour une simple mise en location, notre service de location d'appartement à Paris couvre l'annonce, les visites et la sélection du locataire.
Au 7 novembre 2026, pas encore définitivement. Le Sénat a voté une prolongation de deux ans le 21 octobre 2026, et la commission de l'Assemblée nationale a adopté le même texte le 4 novembre. Le vote en séance est prévu le 18 novembre, avant la fin de l'expérimentation le 24 novembre 2026.
Multipliez la surface habitable par le loyer de référence majoré de la catégorie du logement. Vous trouverez cette valeur dans l'arrêté en vigueur à la date de signature du bail ou dans le simulateur de la Ville de Paris. Si le loyer de base hors charges dépasse ce résultat, il n'est pas conforme, sauf complément de loyer régulièrement justifié.
Il s'applique aux baux signés ou renouvelés pendant la période d'encadrement, selon l'arrêté en vigueur à la date de signature. Un nouvel arrêté ne modifie pas un bail en cours. La révision annuelle suit l'IRL, sauf pour les logements F ou G, dont le loyer est gelé.
À Paris, la Ville peut prononcer une amende administrative pouvant atteindre 5 000 € pour un bailleur personne physique et 15 000 € pour une personne morale. Le bailleur doit en outre rembourser le trop-perçu et mettre le bail en conformité.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et à jour au 7 novembre 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. La situation législative peut évoluer après cette date : vérifiez le texte en vigueur à la date de signature de votre bail. AGUILA n'est pas un cabinet d'avocats.
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