
Acheter un appartement loué à Paris, c'est acheter un bail en cours autant qu'un logement : le locataire reste en place aux mêmes conditions, et le nouveau propriétaire devra lui restituer le dépôt de garantie à son départ (article 22 de la loi du 6 juillet 1989). En location vide, la décote couramment observée par rapport à un bien libre est de l'ordre de 10 à 15 % selon la durée du bail restant à courir (PAP, mise à jour 2023 ; SeLoger, novembre 2025). Récupérer le logement suppose un congé délivré au moins six mois avant l'échéance du bail, avec des délais allongés si cette échéance tombe moins de trois ans après l'achat (article 15 de la même loi). Règles vérifiées au 7 novembre 2026.
En bref
Lorsqu'un logement loué est vendu en cours de bail, le contrat se poursuit avec l'acquéreur aux mêmes conditions, et le nouveau propriétaire communique ses coordonnées au locataire (service-public.gouv.fr). Il hérite d'un loyer, d'une échéance et d'une clause de révision qu'il n'a pas choisis.
Il hérite aussi du dépôt de garantie, plafonné à un mois de loyer hors charges en location vide. La loi met sa restitution à la charge du nouveau bailleur ; un accord contraire entre vendeur et acquéreur n'est pas opposable au locataire. L'acte prévoit donc en général que ce montant vient en déduction du prix. Ce que l'on n'achète pas, c'est la libre disposition du bien : tant que le bail court, le locataire ne peut pas être contraint de partir.
Avant la promesse, demandez au minimum :
Il n'existe pas de barème officiel. Les guides publiés par PAP (mise à jour du 27 mars 2023) et SeLoger (mise à jour du 4 novembre 2025) situent la décote d'un logement loué vide entre 10 et 15 % par rapport à sa valeur libre. Ils indiquent qu'elle est faible ou nulle pour un meublé, dont le bail d'un an permet un retour plus rapide à la libre disposition. Pour un bail soumis à la loi de 1948, PAP évoque une décote pouvant atteindre 40 à 50 %.
Elle varie avec la durée restant à courir avant l'échéance utile du bail, l'écart entre le loyer en place et le marché, le profil du locataire (protection des plus de 65 ans), la classe énergétique, l'état du logement et l'historique d'impayés. Elle rémunère le temps pendant lequel vous ne disposez pas du bien et l'incertitude sur sa libération. Elle se négocie à partir d'une estimation de la valeur libre.
Le rendement se calcule sur le coût total d'acquisition, frais compris, et non sur le seul prix. Exemple arithmétique, hypothèses à remplacer par vos chiffres :
Si le loyer se révèle supérieur au plafond de l'encadrement et doit être ramené, par exemple, à 1 650 € par mois, le revenu annuel tombe à 19 800 € : le rendement brut passe à 3,49 % et le rendement net à 2,73 %. C'est la raison pour laquelle la conformité du loyer doit être vérifiée avant de fixer le prix.
Oui, mais seulement à l'échéance du bail et dans les formes prévues par l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989. Les règles ci-dessous concernent la location vide, dont le bail dure au moins trois ans lorsque le bailleur est une personne physique et six ans lorsqu'il est une personne morale (article 10).
Le congé du bailleur doit être motivé (vente, reprise pour habiter, ou motif légitime et sérieux) et parvenir au locataire au moins six mois avant l'échéance. Le congé pour vendre vaut offre de vente au locataire, qui dispose d'un droit de préemption pendant les deux premiers mois du préavis. La reprise peut bénéficier au bailleur, à son conjoint ou partenaire, ou à ses ascendants et descendants.
Le bailleur ne peut pas donner congé à un locataire de plus de 65 ans aux ressources inférieures à un plafond réglementaire, sauf à lui proposer un relogement adapté à proximité. La protection ne joue pas si le bailleur a lui-même plus de 65 ans ou des ressources inférieures au plafond. L'âge s'apprécie à l'échéance du bail, les ressources à la notification du congé.
En meublé, le bail est d'un an et le préavis du bailleur de trois mois (service-public.gouv.fr), d'où une décote faible ou nulle.
À Paris, l'encadrement s'applique aux baux signés ou renouvelés depuis le 1er juillet 2019. Le loyer de base ne peut dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la signature. En cas de dépassement, le locataire peut demander une baisse et un remboursement devant la commission départementale de conciliation, puis le juge ; l'amende administrative atteint 5 000 € pour un bailleur personne physique et 15 000 € pour une personne morale (service-public.gouv.fr, vérifié le 1er novembre 2026). Un complément de loyer est interdit, pour les baux signés depuis le 18 août 2022, si le logement est classé F ou G.
Point d'actualité : l'expérimentation parisienne court jusqu'au 24 novembre 2026. Le Sénat a voté le 21 octobre 2026 une prolongation de deux ans ; l'Assemblée nationale devait encore se prononcer avant cette date. Vérifiez le statut au jour de la signature. Notre article sur l'encadrement des loyers à Paris en 2026 détaille le calcul.
Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté, y compris par la révision annuelle. Depuis le 1er janvier 2025, un logement doit atteindre au moins la classe F pour être décent ; ce seuil passera à E en 2028 puis à D en 2034. Ces exigences s'appliquent aux baux signés, renouvelés ou tacitement reconduits après chaque date : le bail en cours n'est pas remis en cause, mais à la reconduction le locataire peut exiger la mise en conformité et saisir le juge, qui peut ordonner des travaux ou réduire le loyer (ministère de la Transition écologique, mise à jour du 19 décembre 2025).
Deux nuances : depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de l'électricité dans le DPE est passé de 2,3 à 1,9, ce qui peut faire gagner une classe à un logement chauffé à l'électricité ; et le projet de loi sur la relance du logement, adopté par le Sénat le 8 juillet 2026, prévoit d'assouplir ces interdictions sans être définitivement adopté au 7 novembre 2026.
Un historique de retards se lit dans les quittances. En cas d'impayés, la procédure est longue et l'acquéreur finance le bien sans revenu. Faites préciser dans la promesse le sort des arriérés antérieurs à la vente et vérifiez l'existence d'une caution.
Les loyers d'une location vide relèvent des revenus fonciers, ceux d'un meublé du régime de la location meublée non professionnelle. Ces régimes ont évolué récemment : nous les détaillons dans notre article sur le LMNP et le statut du bailleur privé en 2026. Faites valider votre situation par un notaire ou un conseil fiscal avant de signer.
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Non. Le bail se poursuit aux mêmes conditions : seule la révision annuelle prévue au contrat est possible, et elle est interdite si le logement est classé F ou G.
Le nouveau bailleur, en application de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989. L'acquéreur doit donc récupérer ce montant auprès du vendeur au moment de la vente, en général par déduction sur le prix. Un accord contraire entre vendeur et acquéreur n'engage pas le locataire.
En principe non lorsque le bien est vendu occupé, avec le bail en cours. Le droit de préemption naît du congé pour vendre délivré à l'échéance du bail : le locataire peut alors acheter en priorité pendant les deux premiers mois du préavis. Exception : la première vente d'un lot après la mise en copropriété de l'immeuble ouvre un droit de préemption au locataire en place (loi du 31 décembre 1975, article 10).
Au minimum jusqu'à l'échéance du bail, avec un congé délivré six mois avant en location vide. Si cette échéance tombe moins de deux ans après l'achat, le congé pour reprise ne prend effet qu'au bout de deux ans de détention. Un locataire protégé peut rendre la reprise impossible sans offre de relogement.
Consultées le 7 novembre 2026.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les exemples chiffrés reposent sur des hypothèses. AGUILA n'est ni un cabinet d'avocats, ni un notaire, ni un expert-comptable.
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